L’essentiel
- Laissez du temps à votre corps. La plupart des kilos partent dans les premiers mois après la naissance, puis le rythme ralentit. Beaucoup de femmes pèsent encore un peu plus un an après, et c’est fréquent.
- D’abord récupérer, ensuite maigrir. Attendez la visite postnatale avant de manger volontairement moins ou de reprendre un sport plus intense, et parlez-en d’abord à votre médecin ou à votre sage-femme.
- L’allaitement aide parfois un peu, mais pas chez tout le monde. Les études se contredisent : ne comptez pas sur lui pour faire le travail à votre place.
- Pendant l’allaitement, la lenteur protège. Dans un essai, perdre environ 0,5 kg (1 lb) par semaine n’a pas freiné la croissance des bébés.
- Pas de régime express. Des repas réguliers avec des protéines, des légumes, des céréales complètes et des aliments riches en calcium préservent votre énergie, votre moral et votre lait.
- Marcher avec la poussette est un excellent début. Commencez tôt les exercices du périnée, puis ajoutez plus tard un renforcement musculaire doux.
- Prenez aussi soin de votre tête et de votre sommeil. Un moral en berne qui dure plus de deux semaines mérite de l’aide, rapidement et sans honte.
Que devient votre poids après l’accouchement ?
Après la naissance, le poids baisse par étapes : une forte chute les premiers jours, une baisse régulière les semaines suivantes, puis une lente diminution au fil des mois. Le rythme varie énormément d’une femme à l’autre, et ce n’est en rien un examen à réussir.
Une partie du poids s’en va avec le bébé, le placenta et le liquide amniotique. Dans les semaines qui suivent, votre corps élimine le surplus de sang et d’eau dans les tissus, et l’utérus reprend peu à peu sa taille. C’est pour cela que la balance peut descendre vite au début, même si vous mangez normalement.
Ce qui reste après ces premières semaines, c’est surtout de la graisse mise en réserve pendant la grossesse. Cette réserve a une fonction : elle fournit une partie de l’énergie nécessaire à la production de lait. On peut la perdre, mais cela se compte en mois plutôt qu’en semaines.
Si vous avez commencé votre grossesse avec un poids plus élevé, le schéma est le même. Notre page sur l’obésité et la grossesse décrit le suivi avant et pendant la grossesse ; celle-ci porte sur les mois qui suivent l’arrivée de votre bébé.
Combien de temps pour perdre ses kilos de grossesse ?
Pour la plupart des femmes, il faut de six mois à un an, et il reste souvent un peu de poids au bout d’un an. Une revue qui a regroupé des études sur le poids après la grossesse a montré que l’excédent diminuait tout au long de la première année : vite au début, plus lentement ensuite.
En moyenne, les participantes de ces études dépassaient leur poids d’avant la grossesse d’environ 2,4 points d’IMC à six semaines, d’environ 1,1 point à six mois et d’environ 0,5 point à douze mois. Pour une femme de 1,65 m (5 ft 5 in), cela fait à peu près 6,5 kg, 3 kg et un peu plus de 1 kg.
Les moyennes masquent de grands écarts. Dans une étude américaine menée surtout auprès de mères à faibles revenus, environ trois sur quatre pesaient plus un an après la naissance qu’avant la grossesse. Près de la moitié avaient gardé plus de 4,5 kg (10 lb), et environ une sur quatre plus de 9 kg (20 lb).
| Après la naissance | Ce qui se passe en général | Votre priorité |
|---|---|---|
| Premiers jours | Forte baisse : bébé, placenta et liquide | Repos, tétées ou biberons, soulagement de la douleur, se lever en douceur |
| Semaines 1 à 6 | L’eau et les gonflements diminuent ; l’utérus se rétracte | Cicatrisation, courtes marches, exercices du périnée, repas réguliers |
| Semaines 6 à 12 | Perte plus lente et régulière chez beaucoup de femmes | Visite postnatale, puis reprise progressive du sport et habitudes alimentaires plus posées |
| Mois 3 à 6 | La perte continue, mais varie beaucoup | Marche chaque jour, deux séances de renforcement par semaine, protéines et fibres aux repas |
| Mois 6 à 12 | Certaines retrouvent leur poids d’avant ; beaucoup gardent quelques kilos | Garder ses habitudes ; surveiller sommeil et moral ; demander de l’aide en cas de blocage |
Le poids gardé à un an compte davantage que la vitesse des premières semaines. Les chercheurs américains ont constaté que le poids conservé après la naissance augmentait nettement le risque d’obésité un an plus tard. Parmi les femmes qui avaient débuté leur grossesse avec un poids normal, une sur trois était alors en surpoids ou en situation d’obésité.
Ce n’est pas une raison pour se presser. C’est une raison pour installer, pendant la première année, de petites habitudes qui conviendront encore à votre vie quand votre bébé marchera.
Ce qui influence votre rythme
Plusieurs facteurs jouent sur la vitesse à laquelle les kilos partent. Certains dépendent de vous, d’autres non.
- La prise de poids pendant la grossesse : dépasser la fourchette conseillée rend plus probable qu’une partie du poids reste. Notre calculateur de prise de poids pendant la grossesse indique ces fourchettes.
- Votre poids avant la grossesse : un poids de départ plus élevé va souvent de pair avec davantage de kilos gardés ensuite.
- Le sommeil : des nuits très courtes sont associées à plus de poids conservé à un an (voir plus bas).
- L’activité et l’alimentation : bouger chaque jour et prendre des repas réguliers et rassasiants, c’est le levier le plus puissant parmi ceux que vous maîtrisez.
- Le soutien : de l’aide pour le bébé, les repas et le ménage vous libère du temps pour marcher, cuisiner et vous reposer.
Quand commencer à perdre du poids après l’accouchement ?
Commencez par récupérer, pas par un régime. Les premières semaines, votre corps cicatrise, la lactation se met en place si vous allaitez, et vous manquez sans doute beaucoup de sommeil.
Un ancien rapport d’experts américain de l’Institute of Medicine sur l’alimentation pendant l’allaitement déconseillait tout régime durant les deux à trois semaines qui suivent la naissance, car ses effets à ce moment-là sont inconnus. Le plus raisonnable est d’attendre la visite postnatale avant de réduire volontairement ce que vous mangez.
Le Collège américain des gynécologues-obstétriciens (ACOG) voit le suivi après la naissance comme un processus, pas comme une visite unique. Il recommande un contact avec votre soignant dans les trois semaines et un bilan complet au plus tard douze semaines après l’accouchement. Le calendrier diffère selon les pays : renseignez-vous sur ce qui est prévu chez vous.
Profitez de ce rendez-vous pour parler de votre poids, de l’activité physique, de votre périnée, de votre moral et d’éventuels examens de suivi. Notre liste de questions pour le rendez-vous médical vous aide à les noter à l’avance.
Parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme avant de commencer un programme de perte de poids après l’accouchement, surtout si vous avez eu une césarienne, une hémorragie, une tension élevée, un diabète gestationnel ou un accouchement difficile, ou si vous allaitez un bébé né prématuré ou qui prend du poids lentement.
L’allaitement fait-il maigrir ?
Il peut aider un peu, mais les données se contredisent et l’effet n’est pas le même pour toutes. Produire du lait consomme beaucoup d’énergie, mais beaucoup de mères ont aussi plus faim pendant l’allaitement et mangent davantage.
Une revue systématique de 45 études a constaté que la plupart d’entre elles ne montraient que peu ou pas de lien entre allaitement et évolution du poids. Toutefois, quatre des cinq études jugées de bonne qualité ont bien relevé une perte de poids plus importante chez les mères qui allaitaient. Les auteurs ont conclu qu’il fallait de meilleures études.
Le rapport d’experts sur la lactation décrit un rythme habituel chez les mères allaitantes qui mangent à leur faim : environ 0,5 à 1 kg (1 à 2 lb) par mois pendant les quatre à six premiers mois. Il note aussi qu’environ une femme allaitante sur cinq garde le même poids ou en prend.
Allaitez donc parce que cela vous convient, à vous et à votre bébé, et non comme méthode pour maigrir. Si la balance ne bouge pas pendant l’allaitement, vous n’avez rien d’anormal : chez vous, l’alimentation et l’activité pèsent simplement plus que la production de lait.
Combien de kilos peut-on perdre sans risque en allaitant ?
Un rythme lent et régulier d’environ 0,5 kg (1 lb) par semaine semble sans danger pour les mères allaitantes en surpoids, une fois l’allaitement bien installé. Aller plus vite est déconseillé.
La preuve la plus claire vient d’un essai randomisé chez des femmes allaitantes en surpoids. À partir de quatre semaines après la naissance, un groupe a mangé environ 500 kcal de moins par jour et fait 45 minutes d’exercice quatre jours par semaine, pendant dix semaines.
Ce groupe a perdu environ 4,8 kg, contre 0,8 kg dans le groupe témoin. Leurs bébés ont grandi aussi bien que les autres. Les chercheurs en ont conclu que perdre environ 0,5 kg par semaine à cette période n’avait pas d’effet sur la croissance du nourrisson.
Le rapport d’experts sur la lactation fixe une limite comparable. Pour les mères en surpoids, perdre jusqu’à environ 2 kg (4,5 lb) par mois ne devrait pas diminuer la quantité de lait, mais perdre davantage après le premier mois n’est pas conseillé.
Une revue Cochrane des essais menés chez des femmes après l’accouchement a montré que le régime seul, ou le régime associé à l’exercice, faisait perdre plus de poids que le suivi habituel, alors que l’exercice seul n’y parvenait pas. Ces programmes ne semblaient pas nuire à l’allaitement, même si les auteurs jugeaient les preuves encore insuffisantes chez les mères allaitantes.
La même revue privilégiait l’association des deux : l’exercice améliorait la condition physique et aidait à préserver les muscles, alors que le régime seul faisait aussi fondre la masse maigre. Pour le rythme sûr en général, à tout âge, consultez notre page combien de kilos perdre par semaine.
| Le plus souvent sans problème | Mieux vaut éviter |
|---|---|
| Perdre environ 0,5 kg (1 lb) par semaine après les premières semaines | Perdre plus d’environ 2 kg (4,5 lb) par mois |
| Une réduction modérée, surtout sur les boissons sucrées, les sucreries et les grosses portions | Les régimes très basses calories, les substituts de repas en shake ou sauter des repas |
| La marche rapide et un renforcement musculaire progressif | Jeûner longtemps ou supprimer des groupes d’aliments entiers |
| Boire selon sa soif, avec de l’eau à portée de main pendant la tétée | Les tisanes minceur, les pilules et les produits « détox » |
Observez aussi votre bébé. S’il semble avoir faim en permanence, mouille moins de couches ou ne prend pas le poids attendu, contactez votre sage-femme, la puéricultrice ou votre médecin, et levez le pied sur les restrictions.
Et les médicaments pour maigrir ?
Beaucoup de médicaments amaigrissants sont déconseillés pendant l’allaitement, faute de données suffisantes sur leurs effets chez le bébé. Le rapport d’experts sur la lactation déconseillait lui aussi les médicaments pour maigrir et les régimes liquides aux mères allaitantes.
Si vous preniez un tel médicament avant la grossesse, ou si vous y pensez maintenant, demandez à votre médecin ce qui s’applique à vous et à votre bébé. Notre page sur l’obésité et la grossesse détaille les médicaments autour de la grossesse et de l’allaitement.
C’est avec votre médecin que vous déciderez si un médicament vous convient. Obesity Foundation ne recommande ni ne promeut les médicaments pour maigrir ; nous misons sur une bonne alimentation, une activité physique adaptée et la marche.
Bien manger pour récupérer, avoir de l’énergie et du lait
Après l’accouchement, la meilleure façon de manger est régulière, simple et rassasiante, pas stricte. Votre corps répare ses tissus et, si vous allaitez, fabrique du lait : il a besoin de bons aliments à heures régulières.
La production de lait demande chaque jour beaucoup d’énergie en plus. Une partie peut venir des graisses stockées pendant la grossesse, ce qui explique qu’une perte de poids progressive soit normale pendant l’allaitement.
Avec des apports très bas, il devient difficile d’avoir assez de calcium, de zinc, de magnésium, de folates et de vitamine B6. Pour les mères qui veulent manger moins, l’ancien rapport d’experts conseillait au moins 1 800 kcal par jour environ et déconseillait, à tout moment de l’allaitement, de descendre sous 1 500 kcal environ.
Voyez-y des repères grossiers, pas un objectif : vos besoins peuvent être différents, alors demandez conseil à votre sage-femme ou à un diététicien.
Une assiette simple après la naissance
- Des protéines à chaque repas : œufs, yaourt, haricots, lentilles, poisson, poulet ou tofu aident à cicatriser et calent plus longtemps.
- Une demi-assiette de légumes ou de fruits : frais, surgelés ou en conserve, tout compte, et les légumes déjà découpés font gagner du temps.
- Céréales complètes et pommes de terre : flocons d’avoine, pain complet, riz complet et pommes de terre avec la peau donnent une énergie durable et des fibres, utiles aussi contre la constipation après l’accouchement.
- Des aliments riches en calcium : lait, yaourt, fromage ou boissons végétales enrichies, surtout pendant l’allaitement.
- Un peu de bonnes graisses : un filet d’huile d’olive ou de colza, des noix ou des graines.
Notre page sur la taille des portions montre comment remplir votre assiette dans les bonnes proportions, sans peser ni compter.
Des aliments à manger d’une seule main
Les jeunes parents sautent souvent des repas, puis grignotent des biscuits en fin d’après-midi. Quelques encas prêts à manger, à portée de main, rendent le choix sain plus facile.
- un bol de flocons d’avoine trempés la veille au soir (overnight oats) ;
- un yaourt avec des fruits et une cuillerée de graines ;
- un sandwich au pain complet avec œuf, houmous ou fromage ;
- une poignée de noix non salées avec une pomme ou une banane ;
- une grande quantité de soupe ou de lentilles mijotées, congelée en portions individuelles.
Le matin est souvent le moment le plus chaotique de la journée. Notre guide du petit-déjeuner pour maigrir propose des idées rapides, prêtes en quelques minutes.
Demandez à vos visiteurs d’apporter un plat plutôt qu’un cadeau. Un congélateur garni de quelques bons plats maison vaut plus qu’une énième tenue de bébé.
Boissons et production de lait
Gardez un verre d’eau à portée de main pendant que vous nourrissez votre bébé et buvez quand vous avez soif. Boire au-delà de sa soif n’augmente pas la quantité de lait, selon le rapport d’experts sur la lactation.
Les boissons sucrées, les cafés aromatisés et les jus apportent beaucoup d’énergie sans caler. Les remplacer par de l’eau, du lait ou du thé non sucré est l’un des changements les plus faciles.
Les compléments alimentaires ne sont pas un raccourci pour maigrir après l’accouchement. Si votre sage-femme ou votre médecin vous conseille une vitamine, suivez son avis, mais fuyez les produits qui promettent de brûler les graisses ou d’augmenter la lactation.
Notre page sur les boissons pour maigrir explique quelles boissons privilégier et quelles modes éviter.
Quand reprendre le sport après l’accouchement ?
Après un accouchement par voie basse sans complication, une activité douce comme la marche et les exercices du périnée peut en général commencer dans les jours qui suivent, dès que vous vous sentez prête. L’effort plus soutenu se reprend pas à pas ; après une césarienne ou un accouchement compliqué, demandez à votre équipe soignante quand commencer.
D’après l’ACOG, on peut le plus souvent reprendre l’exercice quelques jours après une grossesse sans problème et un accouchement par voie basse. Il recommande d’arriver progressivement à au moins 150 minutes d’activité modérée par semaine, que l’on peut fractionner en courtes séances, par exemple trois marches de 10 minutes par jour. Arrêtez-vous si quelque chose fait mal.
Le sport ne semble pas nuire à la lactation. Le rapport d’experts sur la lactation jugeait l’exercice régulier compatible avec une production de lait suffisante. L’ACOG conseille d’allaiter ou de tirer son lait avant une séance et de porter un soutien-gorge bien ajusté et maintenant, pour plus de confort.
Après une césarienne
Une césarienne est une chirurgie abdominale lourde, et la récupération prend plus de temps. L’ACOG précise que l’abdomen met quelques semaines à cicatriser et que des saignements ou des pertes durent souvent quatre à six semaines environ.
Se lever et bouger doucement fait partie de la récupération, et l’équipe soignante vous montrera comment le faire sans risque dès les premiers jours. L’ACOG conseille de laisser le temps à la cicatrisation avant tout effort intense et de demander à votre médecin quand vous pourrez reprendre le sport.
Contentez-vous donc d’abord de marches lentes et acceptez de l’aide pour porter des charges et pour le ménage. Appelez sans attendre votre médecin ou votre sage-femme en cas de fièvre ou de frissons, d’écoulement au niveau de la cicatrice, de saignements abondants, de douleur dans une jambe, d’essoufflement ou d’une douleur qui s’aggrave.
Le périnée d’abord
La grossesse et l’accouchement étirent les muscles qui soutiennent la vessie, l’intestin et l’utérus. Les exercices du périnée, appelés aussi exercices de Kegel, aident à contrôler la vessie et les intestins et peuvent généralement commencer dans les premiers jours après la naissance.
- Asseyez-vous ou allongez-vous confortablement et respirez normalement.
- Contractez les muscles que vous utiliseriez pour retenir un gaz et pour stopper le jet d’urine, et remontez-les vers le haut.
- Tenez quelques secondes, puis relâchez complètement. Répétez jusqu’à dix fois.
- Entraînez-vous aussi à quelques contractions et relâchements rapides.
- Faites-le plusieurs fois par jour, par exemple pendant les tétées.
Des fuites urinaires quand vous toussez ou faites du sport, une sensation de pesanteur ou de boule dans le vagin, ou du mal à retenir les gaz sont fréquents après l’accouchement, mais vous n’avez pas à vous y résigner. Demandez à votre médecin ou à votre sage-femme de vous orienter vers un kinésithérapeute spécialisé en rééducation périnéale.
La course et les sauts sollicitent bien plus le périnée que la marche. Avant de vous y mettre, demandez l’avis de votre médecin ou d’un kinésithérapeute, et vérifiez que la marche rapide et le renforcement se passent déjà bien, sans fuites ni pesanteur.
L’écart entre les abdominaux : le diastasis des grands droits
Un écart entre les deux grands muscles droits de l’abdomen est très courant après une grossesse. Dans une étude norvégienne chez des femmes ayant un premier enfant, on le retrouvait chez 60 % d’entre elles six semaines après l’accouchement, 45 % à six mois et environ un tiers à douze mois.
Cet écart se resserre souvent de lui-même. Dans cette étude, les femmes avec ou sans diastasis signalaient autant de douleurs lombaires et pelviennes un an après la naissance.
L’étude a toutefois trouvé l’écart plus souvent chez les femmes qui soulevaient des charges lourdes 20 fois par semaine ou plus. Si vous remarquez un bourrelet ou un renflement au milieu du ventre, demandez à votre médecin ou à un kinésithérapeute spécialisé en périnée de vérifier et de vous proposer des exercices adaptés.
Marcher avec la poussette : le départ le plus simple
La marche est le moyen le plus simple de redevenir active après l’accouchement, et l’ACOG la cite comme une excellente façon de commencer. Pas besoin de matériel, votre bébé vient avec vous, et beaucoup de parents trouvent que le temps passé dehors leur remonte le moral.
Commencez par ce qui vous semble confortable, même cinq ou dix minutes, et ajoutez quelques minutes tous les deux ou trois jours. Après la visite postnatale, visez peu à peu des marches rapides de 20 à 30 minutes la plupart des jours.
- Réglez bien le guidon : ajustez-le pour que vos coudes soient légèrement fléchis et que vous vous teniez droite, sans vous pencher en avant.
- Grandissez-vous : gardez les épaules détendues et rentrez doucement le bas du ventre et le périnée.
- Choisissez d’abord des parcours faciles : chemins plats, parcs et trottoirs sans fortes côtes.
- Marchez à plusieurs : une amie de marche ou un groupe parents-bébés rend la sortie plus agréable et aide à tenir.
Notre guide marcher pour maigrir explique comment allonger vos marches et accélérer un peu, progressivement.
Quand la marche devient facile et que votre équipe soignante est d’accord, ajoutez deux courtes séances de renforcement par semaine. Les squats jusqu’à une chaise, les pompes contre un mur et le pont fessier renforcent les muscles qui servent à porter le cosy. Notre guide de musculation pour débutants montre comment commencer sans risque à la maison.
Manque de sommeil, faim et envies de sucré
Les nuits hachées compliquent l’alimentation saine. Épuisée, on a envie d’énergie rapide, on grignote davantage le soir et on a moins de temps et de force pour cuisiner ou marcher.
Une étude qui a suivi de jeunes mères a montré que celles qui dormaient cinq heures ou moins par jour six mois après la naissance avaient environ trois fois plus de risques de garder au moins 5 kg un an après l’accouchement. La comparaison se faisait avec des mères qui dormaient environ sept heures.
Avec un bébé, on ne choisit pas toujours ses heures de sommeil, mais de petits gestes aident :
- Dormez ou reposez-vous au moins une fois par jour quand votre bébé dort, au lieu de rattraper les tâches ménagères.
- Partagez les biberons de nuit si possible, par exemple avec du lait tiré ou du lait infantile donné par votre partenaire.
- Couchez-vous tôt après une mauvaise nuit, plutôt que de veiller pour un « moment à vous » accompagné de grignotage.
- Préparez un encas sain pour les tétées de nuit, comme une banane ou un petit bol de yaourt, pour ne pas vous jeter sur les biscuits.
- Passez un peu de temps dehors à la lumière du jour, par exemple pendant votre marche quotidienne.
Notre page sur le sommeil, le stress et le poids explique comment la fatigue agit sur l’appétit. Si vous remarquez que vous mangez pour vous réconforter quand vous êtes fatiguée ou débordée, notre page sur l’alimentation émotionnelle peut vous aider.
Dépression post-partum : votre santé mentale d’abord
Se sentir triste, avoir envie de pleurer et être anxieuse les premiers jours après la naissance est très fréquent : on parle souvent de baby blues. Cela passe en général en deux semaines. Un moral très bas ou qui dure plus de deux semaines peut être une dépression post-partum, qui doit être soignée et qui mérite de l’être.
La dépression post-partum est courante. Une revue d’études chez des mères en bonne santé, sans antécédents de dépression, a trouvé qu’environ 17 % d’entre elles faisaient une dépression après la naissance. Elle n’est pas causée par quelque chose que vous auriez fait ou pas fait, et elle peut toucher n’importe qui.
L’Institut national américain de la santé mentale (NIMH) cite des signes comme :
- une humeur triste, anxieuse ou « vide » la plus grande partie de la journée, presque tous les jours, pendant au moins deux semaines ;
- un sentiment de désespoir, de culpabilité, d’inutilité ou de l’irritabilité ;
- la perte d’intérêt pour ce que vous aimiez faire ;
- l’impossibilité de dormir même quand le bébé dort ;
- des changements nets d’appétit ou de poids que vous n’aviez pas prévus ;
- du mal à créer un lien avec votre bébé ou des doutes constants sur votre capacité à vous en occuper ;
- des pensées de mort ou l’idée de vous faire du mal ou de faire du mal à votre bébé.
Si vous reconnaissez ces signes, contactez rapidement votre médecin, votre sage-femme ou la puéricultrice ; inutile d’attendre la visite postnatale. Avec un traitement, comme une psychothérapie, des médicaments ou les deux, la plupart des femmes vont mieux. Votre médecin peut vous dire quelles options sont compatibles avec l’allaitement.
Si vous avez des pensées de vous faire du mal ou de faire du mal à votre bébé, ou si vous voyez ou entendez des choses que les autres ne perçoivent pas, demandez de l’aide en urgence tout de suite : appelez le 15 ou le 112, ou rendez-vous aux urgences les plus proches.
La perte de poids peut attendre le temps que vous alliez mieux. Des marches tranquilles, des repas réguliers et le soutien des autres aident à la fois votre moral et votre poids. Notre page sur le soutien psychologique présente les aides disponibles.
Diabète gestationnel : ne zappez pas le test de contrôle
Si vous avez eu un diabète gestationnel, demandez un dosage de la glycémie après l’accouchement, même si tout vous semble revenu à la normale. L’ACOG conseille un test 4 à 12 semaines après la naissance puis, si le résultat est normal, un dépistage du diabète tous les un à trois ans.
Le diabète gestationnel disparaît en général après l’accouchement, mais c’est un signal d’alerte précoce. Une grande revue a montré que les femmes concernées avaient près de dix fois plus de risques de développer plus tard un diabète de type 2 que celles dont la glycémie était restée normale pendant la grossesse.
Les auteurs insistent sur l’importance d’agir tôt, dans les premières années après la grossesse. Des repas sains riches en fibres, la marche quotidienne et un peu de perte de poids aident votre corps à mieux gérer le sucre. Notre page sur la résistance à l’insuline explique ce mécanisme.
Le type de test et son calendrier varient selon les pays : demandez à votre médecin ou à votre sage-femme lequel vous est proposé. Signalez à tout nouveau médecin que vous avez eu un diabète gestationnel, pour qu’il pense à poursuivre la surveillance.
Programme en douceur sur 12 semaines pour perdre du poids après l’accouchement
Parlez-en d’abord à votre médecin ou à votre sage-femme, et commencez ce programme après la visite postnatale, quand vous vous sentez suffisamment remise. C’est un exemple général, pas un avis médical personnalisé.
Chaque étape est volontairement petite. Ne passez à la suivante que lorsque la précédente est devenue une habitude, et restez plus longtemps dans une phase si besoin ; une mauvaise semaine avec un bébé malade n’est pas une raison d’abandonner.
| Semaines | Alimentation | Mouvement | Repos et soutien |
|---|---|---|---|
| 1–2 | Trois repas par jour avec des protéines ; un verre d’eau à chaque tétée | Marche quotidienne de 10 à 15 minutes avec la poussette ; exercices du périnée trois fois par jour | Un temps de repos dans la journée ; demander une aide régulière à une personne |
| 3–4 | Remplacer les boissons sucrées par de l’eau, du lait ou du thé ; des légumes au déjeuner et au dîner | Marches de 20 minutes la plupart des jours | Prévoir qui assure quels biberons ou tétées de nuit |
| 5–6 | Préparer des encas à une main pour la semaine ; cuisiner un plat en grande quantité | Marcher un peu plus vite par moments ; ajouter deux courtes séances de renforcement par semaine | Faire le point sur votre moral avec une personne de confiance |
| 7–8 | Prendre des assiettes plus petites le soir ; s’arrêter quand on est rassasiée sans être trop pleine | Marches de 25 à 30 minutes ; une petite côte ou un parcours plus long une fois par semaine | Prendre quelques minutes de lumière du jour chaque matin |
| 9–10 | Planifier les repas de la semaine ; ranger les sucreries hors de vue | Séances de renforcement un peu plus longues ; essayer un cours parents-bébés | Noter ce qui vous aide à mieux dormir |
| 11–12 | Faire le bilan de ce qui marche et garder ces habitudes | Viser environ 150 minutes d’activité par semaine | Faire le point sur vos progrès ; prendre rendez-vous si quelque chose vous inquiète |
Pesez-vous au maximum une fois par semaine, à la même heure, ou laissez la balance de côté et fiez-vous à vos vêtements. Si vous allaitez, une perte allant jusqu’à environ 0,5 kg (1 lb) par semaine est une limite haute raisonnable.
Notez vos marches, votre sommeil et votre état d’esprit. Ils s’améliorent souvent avant le chiffre sur la balance, et ils vous aident à tenir les jours plus difficiles.
Pourquoi c’est parfois plus dur que prévu
Maigrir après un bébé n’est pas qu’une question de volonté. Le manque de sommeil, les repas irréguliers, le peu de temps pour soi et la récupération physique de l’accouchement rendent les anciennes routines difficiles à tenir.
Les réseaux sociaux n’arrangent rien, avec ces photos de femmes qui semblent avoir retrouvé leur ligne en quelques semaines. Ces images montrent rarement l’aide, la génétique ou les retouches qui sont derrière, et la comparaison n’est pas juste.
Soyez aussi bienveillante avec vous-même qu’avec une amie qui vient d’accoucher. Perdre lentement sur un an, c’est un bon résultat. Si votre poids ne bouge plus depuis des mois malgré des habitudes régulières, parlez-en à votre médecin, qui pourra vérifier si une cause médicale entre en jeu.
La grossesse et les mois qui suivent ne sont qu’une des étapes de la vie qui influencent le poids ; notre page obésité chez la femme aborde les autres.
Une aide gratuite pour perdre du poids après bébé
Obesity Foundation aide chacun à perdre du poids et à retrouver la santé grâce à une bonne alimentation, une activité physique adaptée et la marche. Tout est gratuit, et notre aide s’adapte à la vie avec un bébé.
- Un plan alimentaire gratuit : des repas et des encas simples et rassasiants, adaptés aux journées chargées. Recevoir votre plan alimentaire gratuit.
- Des vidéos d’exercices gratuites : de courtes séances à la maison, à partir du niveau doux Start. S’inscrire pour les vidéos gratuites.
- Un rendez-vous vidéo gratuit (en anglais) : parlez de vos prochaines étapes avec un bénévole. Réserver un rendez-vous vidéo gratuit.
- Le Club Obesity Foundation, gratuit : suivez vos marches, votre poids et vos progrès à votre rythme. Rejoindre le Club gratuitement.
Nos bénévoles ne sont ni médecins ni sages-femmes et ne peuvent pas donner d’avis médical personnalisé. Pour vos questions sur votre récupération, l’allaitement, votre moral ou vos résultats d’examens, votre propre équipe soignante est la bonne adresse.
Avoir un bébé change beaucoup de choses. Avec de la patience, une bonne alimentation, la marche au quotidien et du soutien, la plupart des femmes peuvent atteindre un poids plus sain durablement au cours de la première ou des deux premières années de leur enfant.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour perdre les kilos de grossesse ?
Pour la plupart des femmes, de six mois à un an. Une revue d’études a montré que le poids baissait vite les premières semaines, puis plus lentement, et qu’il restait en moyenne environ un demi-point d’IMC, soit à peu près 1 kg, à douze mois. Certaines perdent tout plus tôt, d’autres gardent davantage : les deux situations sont courantes.
Est-ce que l’allaitement fait maigrir ?
Il peut aider un peu, mais les études ne sont pas concordantes. La plupart n’ont trouvé que peu ou pas de lien entre allaitement et évolution du poids, même si certaines des études de meilleure qualité ont relevé un petit bénéfice. Environ une femme allaitante sur cinq garde le même poids ou grossit : une bonne alimentation et la marche quotidienne restent donc l’essentiel.
Faire un régime peut-il diminuer ma production de lait ?
Une perte de poids douce, en général, non. Dans un essai chez des femmes allaitantes en surpoids, perdre environ 0,5 kg par semaine à partir de quatre semaines après la naissance n’a pas modifié la croissance des bébés. Les régimes express, le jeûne et une perte de plus de 2 kg environ par mois sont déconseillés, et mieux vaut ne rien restreindre les premières semaines.
Quand puis-je reprendre le sport après une césarienne ?
Bouger doucement et marcher lentement font partie de la récupération dès le début, mais l’effort intense doit attendre que la cicatrice et l’abdomen soient guéris, ce qui prend au moins quelques semaines. Demandez à votre médecin ou à votre sage-femme quand ajouter la marche rapide et le renforcement, en général lors de la visite postnatale ou après.
Pourquoi est-ce que je prends du poids après avoir eu mon bébé ?
Le manque de sommeil, les repas irréguliers, le grignotage pendant les tétées de nuit et le peu de temps pour bouger jouent tous un rôle, et certaines mangent plus parce que l’allaitement leur donne faim. Les nuits très courtes sont liées à davantage de poids gardé un an après la naissance. Si votre poids augmente vite ou si vous vous sentez déprimée pendant des semaines, parlez-en à votre médecin.
Faut-il un test de diabète après un diabète gestationnel ?
Oui. L’ACOG conseille un dosage de la glycémie 4 à 12 semaines après la naissance puis, si le résultat est normal, un contrôle tous les un à trois ans. Les femmes qui ont eu un diabète gestationnel ont beaucoup plus de risques de développer plus tard un diabète de type 2 : ce test de suivi vaut la peine d’être demandé.
Sources
- Schmitt NM, Nicholson WK, Schmitt J – Grossesse et apparition de l’obésité : revue systématique et méta-analyse sur l’évolution naturelle du poids conservé après l’accouchement, International Journal of Obesity (2007) (en anglais)
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