Qu’est-ce que l’obésité ?

L’obésité est une maladie chronique dans laquelle un excès de graisse corporelle, ou une graisse stockée au mauvais endroit, nuit à la santé ou risque de lui nuire. Chez l’adulte, elle commence à un indice de masse corporelle (IMC) de 30. Elle résulte d’un ensemble de gènes, de biologie et d’environnement, et non d’un manque de volonté, et elle se soigne.

Rédigé par: Geert Jan Brugman, fondateur
Dernière révision: · 42 min de lecture

L’essentiel

  • L’obésité est une maladie chronique dans laquelle un excès de graisse corporelle nuit à la santé, ou risque de lui nuire. C’est ainsi que la définissent l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la classification internationale des maladies CIM-11 (code 5B81).
  • Chez l’adulte, on parle d’obésité à partir d’un IMC de 30. Pour les personnes d’origine asiatique, moyen-orientale, africaine subsaharienne ou afro-caribéenne, les recommandations britanniques retiennent un seuil plus bas, de 27,5.
  • 1 personne sur 7 dans le monde, soit environ 1,1 milliard, vit avec l’obésité selon les dernières estimations de l’OMS. L’obésité chez l’adulte a plus que doublé depuis 1990 (OMS, octobre 2026).
  • L’IMC seul ne suffit pas à poser un diagnostic. Les experts distinguent désormais l’obésité clinique, lorsque l’excès de graisse perturbe déjà le fonctionnement de l’organisme, de l’obésité préclinique, lorsque ce n’est pas encore le cas.
  • Les causes échappent en grande partie à la volonté de chacun : les gènes expliquent une large part des différences de poids entre les personnes, et l’environnement alimentaire, les médicaments, le sommeil, le stress et les revenus font le reste.
  • L’obésité se soigne. Perdre 5 à 10 % de son poids améliore déjà la tension artérielle, la glycémie et le cholestérol. Une bonne alimentation, une activité régulière comme la marche quotidienne, le sommeil et le soutien en sont le socle, et ils aident avant même que la balance ne bouge.
Un homme barbu et souriant lève le pouce dans son salon, loin des clichés sur ce qu’est l’obésité
L’obésité touche des personnes de tous âges et de tous horizons. De bons soins commencent par la personne, et seulement ensuite par le chiffre.

Qu’est-ce que l’obésité ? Une définition simple

L’obésité est une maladie de longue durée dans laquelle l’organisme stocke plus de graisse qu’il n’est bon pour la santé, ou la stocke à des endroits où elle fait des dégâts, par exemple autour des organes de l’abdomen. Le tissu adipeux n’a rien de passif. Il libère des hormones et des substances inflammatoires, pèse sur les voies respiratoires et les articulations, et modifie le fonctionnement du foie, du cœur et des vaisseaux sanguins.

Avec le temps, le risque de diabète de type 2, de maladies cardiaques, de plusieurs cancers et de bien d’autres problèmes de santé augmente.

En pratique, chez l’adulte, on dépiste l’obésité avec l’indice de masse corporelle (IMC) : un IMC de 30 ou plus correspond à une obésité. Mais l’IMC n’est qu’une première étape, assez grossière. Deux personnes ayant le même IMC peuvent avoir des quantités de graisse très différentes, et un état de santé tout aussi différent.

C’est pourquoi les médecins regardent de plus en plus au-delà : le tour de taille, les analyses de sang et l’état réel de l’organisme.

Une définition honnête doit aussi le dire clairement : l’obésité n’est pas un défaut de caractère. Elle résulte d’un ensemble de facteurs : gènes, biologie, psychologie, médicaments, sommeil, stress et environnement alimentaire. Si vous vivez avec l’obésité, vous avez sans doute déjà entendu tous les conseils possibles, et été jugé sur votre corps plus souvent que vous ne voudriez le compter.

Vous avez probablement fait de gros efforts pour perdre du poids, peut-être à de nombreuses reprises. Si les résultats n’ont pas duré, ce n’est pas faute de l’avoir assez voulu. L’organisme défend son poids, et nous expliquons plus bas comment.

Comment les grandes organisations de santé définissent l’obésité

Les définitions ont évolué ces dernières années, passant de « trop de graisse corporelle » à « une maladie chronique ». Le tableau présente celles qui guident aujourd’hui les médecins.

Définitions officielles de l’obésité
OrganisationDéfinition (résumée)Année
Organisation mondiale de la santé (OMS)Une maladie chronique. Chez l’adulte, le surpoids correspond à un IMC de 25 ou plus et l’obésité à un IMC de 30 ou plus.Aide-mémoire, octobre 2026
CIM-11 (classification des maladies de l’OMS), code 5B81« Une maladie chronique complexe définie par une adiposité excessive pouvant nuire à la santé », due le plus souvent à un environnement obésogène, à des facteurs psychosociaux et à des variants génétiques.Classification actuelle
Association européenne pour l’étude de l’obésité (EASO)Une maladie chronique liée à l’adiposité. Son stade est déterminé par ses complications, et pas seulement par l’IMC.Cadre de référence
Commission du Lancet Diabetes & EndocrinologyDistingue l’obésité clinique (une maladie chronique avec des signes d’altération du fonctionnement des organes ou des limitations au quotidien) de l’obésité préclinique (un excès de graisse, mais des organes qui fonctionnent encore normalement).Rapport de la Commission

Pourquoi nous disons « personnes vivant avec l’obésité »

Vous le remarquerez : sur ce site, nous écrivons « une personne vivant avec l’obésité » et non « un obèse ». C’est ce qu’on appelle un langage centré sur la personne, recommandé par la World Obesity Federation et par la déclaration de consensus internationale pour mettre fin à la stigmatisation liée au poids, publiée dans Nature Medicine.

La raison est simple. On ne dirait pas de quelqu’un qu’il est « un cancéreux » pour le définir. Une maladie, on l’a ; elle ne dit pas qui l’on est. Pour la même raison, nous évitons l’expression « obésité morbide » et parlons plutôt d’« obésité de classe 3 » ou d’« obésité sévère ». Pour en savoir plus, consultez notre page sur la stigmatisation liée au poids.

L’obésité est-elle une maladie ?

Oui. L’Organisation mondiale de la santé, la classification des maladies CIM-11, l’American Medical Association, la World Obesity Federation et l’Association européenne pour l’étude de l’obésité classent toutes l’obésité parmi les maladies chroniques. Elle a son propre code (5B81), des mécanismes biologiques connus, elle endommage les organes et répond aux traitements médicaux.

Comme l’hypertension artérielle ou le diabète de type 2, elle a tendance à revenir quand on arrête le traitement.

Cette reconnaissance ne s’est pas faite du jour au lendemain. Voici les grandes étapes.

Quand l’obésité a été reconnue comme une maladie
AnnéeCe qui s’est passé
2013L’American Medical Association adopte une position reconnaissant l’obésité comme une maladie nécessitant un traitement médical et des mesures de prévention.
2017La World Obesity Federation publie sa position : l’obésité est « un processus pathologique chronique, récidivant et évolutif ».
2022La CIM-11 entre officiellement en vigueur. Elle décrit l’obésité (5B81) comme une maladie chronique complexe, avec des codes distincts pour l’obésité d’origine médicamenteuse et d’autres causes spécifiques.
2024L’EASO publie dans Nature Medicine un nouveau cadre européen qui détermine le stade de l’obésité selon ses complications plutôt que selon l’IMC.
2025La Commission du Lancet introduit les notions d’obésité clinique et préclinique. En décembre, l’OMS publie sa première recommandation sur les médicaments de l’obésité au long cours, décrivant l’obésité comme une maladie chronique qui exige une prise en charge globale et à vie.
2026L’aide-mémoire actualisé de l’OMS décrit l’obésité comme « une maladie chronique ». En octobre, l’OMS publie sa première recommandation mondiale sur l’obésité de l’enfant et de l’adolescent.

Pourquoi certains le contestent encore

Certains médecins et chercheurs remettent encore en cause le statut de maladie, surtout parce que l’IMC ne permet pas de savoir qui est réellement malade. Ils craignent que parler de maladie transforme du jour au lendemain des millions de personnes en bonne santé en patients.

D’autres redoutent qu’une étiquette de maladie donne aux personnes le sentiment d’avoir moins de prise sur leur situation. La réponse de la Commission du Lancet a été de conserver le statut de maladie, mais en le précisant : un excès de graisse qui nuit déjà à la santé est une obésité clinique, une maladie qui doit être traitée ; un excès de graisse sans dommage à ce stade est une obésité préclinique, un état à risque qui demande de l’attention et un suivi.

Dans la pratique, considérer l’obésité comme une maladie présente un grand avantage pour les patients : cela ouvre l’accès à de vrais soins médicaux et, dans de nombreux pays, à un remboursement.

L’obésité est-elle un handicap ou un trouble du comportement alimentaire ?

Handicap : l’obésité n’est pas automatiquement un handicap au sens juridique, mais elle peut être reconnue comme tel lorsqu’elle entraîne des limitations durables. Dans l’affaire Kaltoft, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé que l’obésité peut relever de la protection des personnes handicapées au travail prévue par le droit européen lorsqu’elle empêche une personne de participer pleinement à la vie professionnelle sur un pied d’égalité avec les autres.

Les règles diffèrent ailleurs : aux États-Unis, la protection dépend de la jurisprudence fédérale et des lois locales, et la ville de New York ainsi que l’État du Michigan interdisent explicitement la discrimination liée au poids. Pour en savoir plus, consultez notre page poids et travail.

Trouble du comportement alimentaire : non. L’obésité est classée parmi les maladies métaboliques chroniques, pas parmi les troubles mentaux. Beaucoup de personnes vivant avec l’obésité ont un rapport tout à fait ordinaire à la nourriture. L’hyperphagie boulimique, un trouble du comportement alimentaire reconnu, est plus fréquente chez les personnes vivant avec l’obésité et nécessite un traitement spécifique ; notre page sur le soutien psychologique en décrit les signes.

Comment mesure-t-on l’obésité ?

En général, les médecins procèdent par étapes : ils commencent par l’IMC, vérifient où la graisse est stockée à l’aide d’un mètre ruban, puis évaluent l’état de santé global. Vous pouvez faire vous-même les deux premières étapes chez vous.

L’IMC : la formule et les seuils de l’obésité

Votre IMC correspond à votre poids en kilogrammes divisé par le carré de votre taille en mètres. Une personne qui pèse 92 kg et mesure 1,75 m a un IMC de 92 ÷ (1,75 × 1,75) = 30,0. Chez l’adulte, voici les catégories utilisées par l’OMS et la plupart des recommandations nationales :

Catégories d’IMC chez l’adulte, dont les trois classes d’obésité
IMC (kg/m²)CatégorieSeuils plus bas utilisés pour certaines origines ethniques (NICE)
Moins de 18,5Insuffisance pondéraleMoins de 18,5
De 18,5 à 24,9Poids normalDe 18,5 à 22,9
De 25 à 29,9SurpoidsDe 23 à 27,4
De 30 à 34,9Obésité de classe 1De 27,5 à 32,4
De 35 à 39,9Obésité de classe 2De 32,5 à 37,4
40 ou plusObésité de classe 3 (obésité sévère)37,5 ou plus

Ces seuils plus bas proviennent de l’Institut national britannique pour l’excellence en santé et en soins (recommandation NICE NG246). Ils s’appliquent aux personnes dont la famille est originaire d’Asie du Sud, de Chine, d’autres pays d’Asie, du Moyen-Orient, d’Afrique subsaharienne ou des Caraïbes (d’ascendance africaine), car à IMC égal, ces groupes ont tendance à développer plus tôt un diabète de type 2 et des maladies cardiaques.

L’OMS avait déjà proposé des « seuils d’action » similaires pour les populations asiatiques.

Calculateur d’IMC pour adultes

L’IMC est un outil de dépistage, pas un diagnostic. Il ne mesure directement ni la masse grasse ni l’état de santé. Parlez-en à un médecin pour une évaluation complète. Ce calculateur s’adresse aux adultes de 18 ans et plus.

À partir de quel poids parle-t-on d’obésité pour ma taille ?

Chez l’adulte, l’obésité commence au poids pour lequel l’IMC atteint 30 : pour une personne de 170 cm, cela correspond à 87 kg (191 lb). Le tableau ci-dessous convertit les seuils d’IMC en kilos et en livres pour d’autres tailles. C’est un repère rapide, pas un verdict : la masse musculaire, l’âge et la morphologie comptent aussi.

Poids auquel l’IMC d’un adulte atteint 25, 30, 35 et 40
TailleIMC 25 (surpoids)IMC 30 (obésité)IMC 35 (classe 2)IMC 40 (classe 3)
150 cm (≈4 ft 11 in)56 kg / 124 lb68 kg / 149 lb79 kg / 174 lb90 kg / 198 lb
155 cm (≈5 ft 1 in)60 kg / 132 lb72 kg / 159 lb84 kg / 185 lb96 kg / 212 lb
160 cm (≈5 ft 3 in)64 kg / 141 lb77 kg / 169 lb90 kg / 198 lb102 kg / 226 lb
165 cm (≈5 ft 5 in)68 kg / 150 lb82 kg / 180 lb95 kg / 210 lb109 kg / 240 lb
170 cm (≈5 ft 7 in)72 kg / 159 lb87 kg / 191 lb101 kg / 223 lb116 kg / 255 lb
175 cm (≈5 ft 9 in)77 kg / 169 lb92 kg / 203 lb107 kg / 236 lb123 kg / 270 lb
180 cm (≈5 ft 11 in)81 kg / 179 lb97 kg / 214 lb113 kg / 250 lb130 kg / 286 lb
185 cm (≈6 ft 1 in)86 kg / 189 lb103 kg / 226 lb120 kg / 264 lb137 kg / 302 lb
190 cm (≈6 ft 3 in)90 kg / 199 lb108 kg / 239 lb126 kg / 279 lb144 kg / 318 lb

Le tour de taille et le rapport tour de taille/taille

L’endroit où se loge la graisse compte autant que sa quantité. La graisse profonde de l’abdomen, autour du foie et des intestins, est plus nocive que celle des hanches et des cuisses. Un simple mètre ruban la repère là où l’IMC n’y parvient pas.

Le test le plus simple est le rapport tour de taille/taille : votre tour de taille doit rester inférieur à la moitié de votre taille. Mesurez votre tour de taille à mi-chemin entre la dernière côte et le haut de l’os de la hanche, puis divisez-le par votre taille. Une personne de 170 cm devrait viser un tour de taille inférieur à 85 cm.

Mesures du tour de taille et leur signification chez l’adulte
MesureFavorableRisque accruRisque élevé
Rapport tour de taille/taille (NICE, tous les adultes avec un IMC inférieur à 35)De 0,4 à 0,49De 0,5 à 0,590,6 ou plus
Tour de taille, hommes (OMS)94 cm ou moinsPlus de 94 cmPlus de 102 cm
Tour de taille, femmes (OMS)80 cm ou moinsPlus de 80 cmPlus de 88 cm

Notre page IMC et tour de taille explique précisément comment mesurer, et dans quels cas ces seuils ne s’appliquent pas.

Ce que l’IMC ne peut pas vous dire

  • Il ne distingue pas la graisse du muscle. Un joueur de rugby et un employé de bureau de même taille et de même poids ont le même IMC.
  • Il n’indique pas où la graisse est stockée. La graisse abdominale présente plus de risques que la graisse située ailleurs.
  • À IMC égal, le risque varie selon l’origine ethnique, l’âge et le sexe.
  • Il ne dit rien de votre ressenti ni de vos capacités. L’essoufflement, les douleurs articulaires, la glycémie et la tension artérielle ne figurent pas dans ce chiffre.

C’est pourquoi la Commission du Lancet, l’EASO et le NICE s’accordent à dire que l’IMC doit servir au dépistage, pas au diagnostic. Il reste très utile pour comparer des groupes et des pays : c’est d’ailleurs sur lui que reposent toutes les statistiques présentées plus bas sur cette page.

Comment l’obésité est définie chez l’enfant

Les enfants sont encore en croissance : un seuil d’IMC fixe ne convient donc pas. On compare plutôt leur IMC à celui d’enfants du même âge et du même sexe sur des courbes de croissance. L’OMS définit l’obésité chez les 5-19 ans comme un IMC supérieur de plus de deux écarts-types à la médiane de référence de l’OMS.

Aux États-Unis, les CDC utilisent le 95e percentile de leurs courbes de croissance. En octobre 2026, l’OMS a publié sa première recommandation mondiale sur l’obésité de l’enfant et de l’adolescent : elle donne la priorité à des programmes structurés portant sur l’alimentation, l’activité physique et le changement de comportement, et ne recommande ni médicaments ni chirurgie avant l’âge de 10 ans. Pour en savoir plus, consultez notre page sur l’obésité de l’enfant.

Comment les médecins diagnostiquent l’obésité, étape par étape

  1. Dépistage : poids, taille et IMC, avec des seuils plus bas lorsque c’est pertinent.
  2. Confirmation de l’excès de graisse : tour de taille ou rapport tour de taille/taille. En milieu spécialisé, une absorptiométrie biphotonique (DEXA) permet de mesurer directement la masse grasse. Avec un IMC supérieur à 40, l’excès de graisse peut être considéré comme acquis.
  3. Bilan de santé : tension artérielle, glycémie (HbA1c), cholestérol, bilan hépatique, et questions sur le sommeil, la respiration, les articulations, le moral et les médicaments.
  4. Détermination du stade : l’excès de graisse affecte-t-il déjà les organes ou la vie quotidienne (obésité clinique), ou pas encore (obésité préclinique) ? La réponse oriente l’urgence et l’intensité du traitement.

Notre liste pour préparer votre consultation vous aide à préparer cet échange.

Classes et types d’obésité

On classe l’obésité de trois façons : selon sa sévérité (classes 1, 2 et 3), selon l’endroit où la graisse est stockée et selon sa cause. Quand on parle des « 3 types d’obésité », il s’agit généralement des trois classes de sévérité.

Selon la sévérité : classes 1, 2 et 3

La classe 1 correspond à un IMC de 30 à 34,9, la classe 2 de 35 à 39,9 et la classe 3 à 40 ou plus. Chaque palier est associé à des risques plus élevés pour la santé. La classe 3 était autrefois appelée « obésité morbide ». De nombreuses organisations médicales et de patients, comme l’Obesity Medicine Association, ont abandonné ce terme, car il sonne comme un jugement : « classe 3 » ou « obésité sévère » dit la même chose, sans stigmatiser.

Selon l’endroit où la graisse est stockée

L’obésité centrale ou abdominale, parfois appelée obésité « en pomme » (ou androïde), signifie que la graisse se concentre autour de la taille et des organes. C’est elle qui présente le risque le plus élevé de diabète et de maladies cardiaques. L’obésité périphérique, « en poire » (ou gynoïde), correspond à davantage de graisse sur les hanches et les cuisses : elle est moins nocive pour le métabolisme, mais peut tout de même fatiguer les articulations.

Selon la cause

La CIM-11 distingue la forme la plus courante, l’obésité liée à un déséquilibre énergétique de longue durée, de l’obésité d’origine médicamenteuse (5B81.1), provoquée par des médicaments comme certains antipsychotiques, les corticoïdes ou l’insuline. Des formes rares sont dues à un seul gène, par exemple une anomalie du gène MC4R ou un déficit en leptine, ou à des syndromes génétiques comme le syndrome de Prader-Willi.

Elles se manifestent généralement dès la petite enfance par une faim intense, et certaines peuvent aujourd’hui être traitées par des médicaments ciblés. Consultez nos pages génétique et biologie et médicaments et prise de poids.

Obésité clinique et préclinique : la nouvelle définition

Une commission de plus de 50 experts, dont les travaux ont été publiés dans The Lancet Diabetes & Endocrinology et soutenus par au moins 75 organisations médicales, a proposé une nouvelle façon de diagnostiquer l’obésité. Son idée centrale : l’excès de graisse corporelle est un facteur de risque, mais il devient une maladie lorsqu’il commence à altérer le fonctionnement de l’organisme.

Obésité clinique et obésité préclinique
Obésité précliniqueObésité clinique
De quoi s’agit-ilUn excès de graisse corporelle, mais les organes et la vie quotidienne fonctionnent encore normalementUne maladie chronique : l’excès de graisse corporelle altère déjà le fonctionnement des organes ou limite les activités quotidiennes
ExemplesUn risque plus élevé de diabète ou de maladie cardiaque à l’avenir, avec des examens normaux aujourd’huiEssoufflement, insuffisance cardiaque, douleurs aux genoux ou aux hanches qui limitent la marche, ou autres critères liés à l’excès de graisse
Nombre de critèresSans objet18 chez l’adulte, 13 chez l’enfant et l’adolescent
Objectif de la prise en chargeRéduire le risque : surveillance, accompagnement, parfois traitementAméliorer la santé et le fonctionnement des organes, pas seulement faire baisser le poids

Pour confirmer l’excès de graisse, la commission recommande d’associer l’IMC à au moins une autre mesure, comme le tour de taille ou le rapport tour de taille/taille, ou de mesurer directement la masse grasse. Avec un IMC supérieur à 40, l’excès de graisse peut être considéré comme acquis.

La proposition n’a pas fait l’unanimité. L’EASO a mis en garde : présenter l’obésité préclinique comme un état de santé préservée pourrait retarder le traitement de personnes qui auraient intérêt à être soignées tôt. Les deux camps s’accordent sur un point : l’IMC seul ne suffit pas pour juger de la santé d’une personne. Retrouvez l’explication complète sur notre page obésité clinique.

Surpoids et obésité : quelle différence ?

Le surpoids et l’obésité sont deux points sur une même échelle. Chez l’adulte, le surpoids correspond à un IMC de 25 à 29,9 et l’obésité à un IMC de 30 ou plus. Le surpoids augmente modérément les risques pour la santé ; avec l’obésité, les risques sont plus élevés et se traduisent plus souvent par de véritables problèmes de santé.

Le surpoids n’est pas en soi un diagnostic de maladie, même si l’EASO estime que les personnes ayant un IMC de 25 à 30, de la graisse abdominale et des problèmes de santé liés au poids devraient être prises en charge comme des personnes vivant avec l’obésité.

Surpoids et obésité chez l’adulte : la comparaison
SurpoidsObésité
IMCDe 25 à 29,930 ou plus
Code de la maladie (CIM-11)5B805B81
Adultes dans le monde (dernières estimations de l’OMS)2,6 milliards, obésité comprise (45 %)940 millions (16 %)
Risque pour la santéModérément accru, selon le tour de tailleNettement accru, augmente avec chaque classe

Peut-on vivre avec l’obésité et être en bonne santé ?

Pendant un temps, oui, c’est possible pour certaines personnes. Les chercheurs parlent d’« obésité métaboliquement saine » pour désigner les personnes ayant un IMC élevé mais une tension artérielle, une glycémie et un cholestérol normaux. La nouvelle définition de l’obésité clinique parle d’obésité préclinique.

Mais les études à long terme suggèrent qu’il s’agit souvent d’une phase plutôt que d’un état durable : les risques s’accumulent au fil des années, en particulier pour les articulations, le cœur et le foie. En pratique, prenez vos bilans de santé au sérieux même si vous vous sentez bien, et mesurez vos progrès à l’aide de marqueurs de santé, pas seulement avec la balance.

Quelles sont les causes de l’obésité ?

L’obésité apparaît lorsque, pendant des mois et des années, l’organisme reçoit plus d’énergie qu’il n’en dépense et stocke la différence sous forme de graisse. Dit comme cela, c’est simple. Mais ce qui explique pourquoi cela arrive à une personne et pas à une autre est bien plus complexe, et échappe en grande partie à notre contrôle.

  • Les gènes. Selon les études sur les jumeaux, 47 à 90 % des différences d’IMC entre les personnes sont héréditaires. Les gènes influencent l’appétit, la vitesse à laquelle on se sent rassasié et l’endroit où la graisse est stockée.
  • La régulation du poids par le cerveau. Des hormones comme la leptine, la ghréline et le GLP-1 indiquent au cerveau la quantité d’énergie en réserve et le moment d’arrêter de manger. Après une perte de poids, ce système résiste en augmentant la faim et en réduisant la dépense d’énergie.
  • L’environnement alimentaire. Dans un essai mené aux National Institutes of Health américains, les participants ont mangé environ 500 calories de plus par jour avec une alimentation ultratransformée qu’avec une alimentation non transformée offrant les mêmes nutriments, et ont pris environ 0,9 kg en deux semaines.
  • Les médicaments. Certains antipsychotiques, antidépresseurs, corticoïdes, médicaments du diabète et antiépileptiques peuvent faire prendre du poids.
  • Le sommeil et le stress. Un sommeil trop court est associé à un risque d’obésité environ 1,5 fois plus élevé chez l’adulte et près de 1,9 fois plus élevé chez l’enfant. Le stress chronique et la dépression jouent aussi un rôle.
  • Les revenus et le quartier. En Angleterre, l’obésité infantile est environ deux fois plus fréquente dans les zones les plus défavorisées que dans les plus aisées.
  • Les étapes de la vie. La grossesse, la ménopause, l’arrêt du tabac et l’avancée en âge modifient la façon dont l’organisme gère le poids.

La balance énergétique fonctionne aussi différemment de ce que l’on croit souvent. L’ancienne règle selon laquelle supprimer 3 500 calories ferait toujours perdre une livre (environ 450 g) est fausse : les travaux de Kevin Hall et de ses collègues, publiés dans The Lancet, ont montré que l’organisme s’adapte, si bien que la perte de poids ralentit avec le temps.

Chaque rubrique de notre page sur les causes de l’obésité approfondit le sujet : environnement alimentaire, sommeil, stress et santé mentale, et bien d’autres.

L’obésité est-elle génétique ?

En partie. Pour la plupart des gens, l’obésité est « polygénique » : des centaines de gènes influencent chacun un peu l’appétit et le stockage des graisses, et ensemble, ils rendent certaines personnes bien plus susceptibles de prendre du poids dans l’environnement actuel.

Pour faire simple, les gènes fixent la prédisposition, et le monde qui vous entoure décide de la force avec laquelle elle s’exprime. Un petit nombre de personnes portent une seule mutation génétique puissante qui provoque une obésité sévère dès la petite enfance.

Une prédisposition génétique ne rend pas la prise de poids inévitable, mais elle explique pourquoi un même mode de vie donne des résultats très différents d’une personne à l’autre.

Signes et symptômes de l’obésité

L’obésité elle-même se mesure, elle ne se ressent pas. Mais l’excès de graisse corporelle entraîne souvent des symptômes dont il vaut la peine de parler à un médecin :

  • un essoufflement lors des activités du quotidien, par exemple en montant les escaliers
  • un ronflement fort, des pauses respiratoires la nuit ou de la fatigue dans la journée (signes possibles d’apnée du sommeil)
  • des douleurs aux genoux, aux hanches ou dans le bas du dos
  • une transpiration plus abondante que les autres, et des problèmes de peau dans les plis cutanés
  • des brûlures d’estomac et un reflux
  • des règles irrégulières ou des difficultés à tomber enceinte
  • un moral en baisse, de l’anxiété ou une faible estime de soi, souvent aggravés par la stigmatisation

Une affection moins connue mais grave est le syndrome obésité-hypoventilation. Il touche surtout les personnes vivant avec une obésité sévère : la respiration devient trop superficielle ou trop lente, si bien que le dioxyde de carbone s’accumule dans le sang, même pendant la journée.

Il est généralement plus marqué pendant le sommeil. Des maux de tête le matin, une somnolence extrême et des jambes gonflées peuvent être des signes d’alerte. Il se soigne, le plus souvent grâce à un appareil d’assistance respiratoire la nuit et à un traitement de l’obésité, mais il passe souvent inaperçu. Si ces symptômes vous parlent, interrogez votre médecin à ce sujet.

Les risques de l’obésité pour la santé

Selon les dernières estimations de l’OMS, un IMC supérieur à l’optimum cause 3,7 millions de décès par an, principalement par maladies cardiaques, diabète et cancer. Voici les principales maladies liées à l’obésité :

Principales maladies liées à l’obésité
MaladieCe que montrent les données
Diabète de type 2Environ la moitié de la charge mondiale du diabète de type 2 (52 % selon les dernières estimations) est attribuable à un IMC élevé.
Maladies cardiaques et AVCLa plupart des décès liés à un IMC élevé sont d’origine cardiovasculaire, en raison d’une tension artérielle, d’un cholestérol et d’une glycémie plus élevés.
CancerL’excès de graisse corporelle augmente le risque de 13 types de cancer, dont ceux de l’intestin, du foie, du rein, de l’utérus et du sein après la ménopause (CIRC).
Stéatose hépatique (MASLD)Environ 75 % des personnes vivant avec l’obésité ont une accumulation de graisse dans le foie.
Apnée du sommeil et problèmes respiratoiresL’apnée obstructive du sommeil et le syndrome obésité-hypoventilation sont fortement liés à l’obésité. L’obésité rend aussi l’asthme plus probable et plus difficile à contrôler.
ArticulationsArthrose des genoux et des hanches, et douleurs dorsales.
Santé mentaleL’obésité augmente de 55 % le risque de dépression ultérieure, et la dépression augmente de 58 % le risque d’obésité ultérieure.
Fertilité et grossesseFertilité réduite, SOPK et davantage de complications pendant la grossesse. Consultez notre page obésité et grossesse.
AutresGoutte, maladies rénales et maladies de la vésicule biliaire.

Obésité et espérance de vie

Une vaste étude portant sur environ 900 000 adultes (Prospective Studies Collaboration, The Lancet) a montré qu’un IMC de 30 à 35 réduisait la durée de survie médiane d’environ 2 à 4 ans, et un IMC de 40 à 45 d’environ 8 à 10 ans. La perte observée aux IMC les plus élevés est comparable à l’effet du tabagisme.

La bonne nouvelle, c’est que ce risque peut diminuer. Dans l’étude suédoise Swedish Obese Subjects, les personnes opérées par chirurgie bariatrique ont vécu en moyenne environ 3 ans de plus que des personnes comparables ayant reçu les soins habituels.

De petits changements, de vrais bénéfices. Perdre 5 à 10 % de votre poids, par exemple 5 à 10 kg si vous pesez 100 kg, améliore de façon mesurable la tension artérielle, la glycémie et le cholestérol. Perdre 5 à 7 % peut prévenir ou retarder un diabète de type 2.

Nul besoin d’atteindre un IMC « normal » pour en tirer profit. Pour en savoir plus, consultez notre page risques pour la santé.

Une femme discute avec un médecin souriant de ce qu’est l’obésité, à son bureau, devant une affiche sur l’obésité et la santé
Un échange serein avec votre médecin vous aide à voir quels risques pour la santé vous concernent et ce que de petits changements peuvent apporter.

L’obésité est-elle fréquente ? Les derniers chiffres mondiaux

Environ 1 personne sur 7 dans le monde vit avec l’obésité. Les chiffres mondiaux les plus récents proviennent de l’aide-mémoire de l’OMS d’octobre 2026. Les estimations mondiales ont toujours un peu de retard, car il faut du temps pour recueillir et vérifier les données de chaque pays.

  • 1,1 milliard de personnes vivent avec l’obésité.
  • 940 millions d’adultes (16 %) vivent avec l’obésité, et 2,6 milliards d’adultes (45 %) sont en surpoids, obésité comprise.
  • 170 millions d’enfants et d’adolescents de 5 à 19 ans vivent avec l’obésité (8 %), contre 2 % en 1990.
  • 35 millions d’enfants de moins de 5 ans sont en surpoids.
Adultes vivant avec l’obésité dans le monde depuis 1990
Adultes vivant avec l’obésité dans le monde depuis 1990Graphique linéaire. Entre 1990 et les dernières estimations, la part des adultes vivant avec l’obésité est passée de 8,5 % à 18,4 % chez les femmes et de 4,7 % à 13,8 % chez les hommes.0%5%10%15%20%19901995200020052010201520202024Femmes: 18,4%Hommes: 13,8%

Source: Observatoire mondial de la santé de l’OMS (estimations NCD-RisC, mai 2026), standardisées selon l’âge, adultes de 18 ans et plus, IMC de 30 ou plus

Afficher les données de ce graphique
19901995200020052010201520202024
Femmes8,5%9,4%10,5%11,8%13,2%14,9%16,7%18,4%
Hommes4,7%5,6%6,8%8,2%9,7%11,0%12,5%13,8%

Deux tendances se dégagent. D’abord, l’obésité est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes à l’échelle mondiale, même si l’écart varie beaucoup d’un pays à l’autre. Ensuite, la hausse est continue depuis plus de trois décennies, sans une seule année de recul au niveau mondial.

L’UNICEF a indiqué que, pour la première fois, les enfants d’âge scolaire vivant avec l’obésité étaient plus nombreux dans le monde que ceux en insuffisance pondérale.

Taux d’obésité par pays

Les taux d’obésité varient énormément d’un pays à l’autre : de moins de 3 % des adultes au Vietnam et en Éthiopie à plus de 70 % dans plusieurs îles du Pacifique. Le graphique et le tableau s’appuient sur une seule et même série d’estimations, établies par la NCD Risk Factor Collaboration et également publiées par l’OMS, afin que les pays puissent être comparés équitablement.

Taux d’obésité chez l’adulte dans une sélection de pays (dernières estimations de l’OMS)
Taux d’obésité chez l’adulte dans une sélection de pays (dernières estimations de l’OMS)Graphique en barres comparant la part des adultes vivant avec l’obésité dans 18 pays, de 75,9 % aux Samoa américaines à 2,4 % au Vietnam.Samoa américaines75,9%Tonga73,8%Égypte43,9%États-Unis41,0%Mexique37,4%Afrique du Sud31,8%Brésil30,1%Royaume-Uni27,4%Canada26,0%Allemagne20,6%Espagne15,3%Pays-Bas14,7%Italie14,0%France11,2%Chine9,3%Inde8,0%Japon5,9%Vietnam2,4%

Source: Observatoire mondial de la santé de l’OMS, obésité chez l’adulte standardisée selon l’âge (IMC de 30 ou plus), deux sexes, 2024

Afficher les données de ce graphique
Samoa américaines75,9%
Tonga73,8%
Égypte43,9%
États-Unis41,0%
Mexique37,4%
Afrique du Sud31,8%
Brésil30,1%
Royaume-Uni27,4%
Canada26,0%
Allemagne20,6%
Espagne15,3%
Pays-Bas14,7%
Italie14,0%
France11,2%
Chine9,3%
Inde8,0%
Japon5,9%
Vietnam2,4%
Pays où le taux d’obésité chez l’adulte est le plus élevé (dernières estimations de l’OMS)
RangPaysAdultes vivant avec l’obésité
1Samoa américaines75,9 %
2Tonga73,8 %
3Îles Cook72,4 %
4Nauru71,4 %
5Tokelau70,7 %
6Niue66,9 %
7Tuvalu65,1 %
8Samoa64,3 %

En dehors du Pacifique, les taux les plus élevés s’observent dans certaines régions des Caraïbes, du Moyen-Orient et des Amériques : l’Égypte (43,9 %), le Qatar (42,0 %), les États-Unis (41,0 %), le Chili (40,5 %) et l’Arabie saoudite (40,1 %) dépassent tous 40 %. En Afrique du Sud, près de la moitié des femmes (47,5 %) vivent avec l’obésité, contre 14,5 % des hommes.

Pour des chiffres plus proches de chez vous, consultez nos pages sur l’obésité en Belgique et l’obésité en RDC.

L’obésité aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Europe

  • États-Unis : 40,3 % des adultes vivent avec l’obésité, selon la dernière enquête nationale des CDC. Ce chiffre est à peu près stable depuis une dizaine d’années, mais l’obésité sévère (IMC de 40 ou plus) continue de progresser et touche désormais 9,4 % des adultes.
  • Royaume-Uni : 27,4 % des adultes (dernières estimations de l’OMS). En Angleterre, 22,2 % des enfants de 10 à 11 ans vivent avec l’obésité, selon les dernières mesures en milieu scolaire.
  • Europe : les taux vont d’environ 11 % en France à plus de 20 % en Allemagne (dernières estimations de l’OMS). Ils atteignent 14,7 % aux Pays-Bas, 15,3 % en Espagne et 14,0 % en Italie.

L’obésité continue-t-elle d’augmenter ?

Dans le monde, oui, mais pas partout au même rythme. Une vaste analyse publiée dans Nature en mai 2026, portant sur 200 pays, a montré que la hausse a ralenti ou s’est stabilisée dans la plupart des pays à revenu élevé. Chez les enfants et les adolescents, elle pourrait même avoir commencé à reculer légèrement en France, en Italie et au Portugal.

Dans la plupart des pays à revenu faible ou intermédiaire d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et du Pacifique, la hausse se poursuit au même rythme, voire s’accélère. La World Obesity Federation prévoit 1,13 milliard d’adultes vivant avec l’obésité d’ici 2030, et l’OMS estime le coût mondial du surpoids et de l’obésité à 3 000 milliards de dollars américains par an d’ici 2030.

Comment soigne-t-on l’obésité ?

L’obésité se soigne, et une bonne prise en charge commence par l’essentiel : une bonne alimentation, une activité régulière adaptée à votre niveau, la marche, le sommeil et le soutien. Elle s’inscrit dans la durée et fixe des objectifs qui comptent pour la personne : marcher sans douleur, mieux dormir ou avoir besoin de moins de médicaments du diabète, par exemple.

Les médecins peuvent aussi évoquer des options médicales. Voici les principales formes de traitement qui existent :

Principales options de traitement de l’obésité
TraitementEn quoi il consisteCe qu’il faut savoir
Accompagnement du mode de vieUn programme structuré portant sur l’alimentation, l’activité physique comme la marche, le sommeil et le comportement, sur des mois plutôt que des semainesSouvent une perte de poids de 5 à 10 %, avec une meilleure forme, un meilleur moral et un meilleur sommeil. Dans le Diabetes Prevention Program, il a réduit de 58 % le risque de diabète de type 2.
Soutien psychologiqueThérapie cognitivo-comportementale et aide face à l’alimentation émotionnelle, à l’hyperphagie boulimique et à la stigmatisationDe meilleures habitudes alimentaires, un meilleur moral et une meilleure qualité de vie
MédicamentsDes médicaments sur ordonnance, principalement basés sur l’hormone intestinale GLP-1, en injections ou en comprimésPrescrits par un médecin. Les effets indésirables comme les nausées sont fréquents, le poids revient généralement à l’arrêt, et les données à long terme sont encore en cours de collecte.
Chirurgie bariatriqueBypass gastrique ou sleeve gastrectomie, pour certaines personnes vivant avec une obésité sévèreUne opération lourde, avec des risques, décidée avec une équipe spécialisée, et un suivi à vie avec vitamines et contrôles

L’OMS a récemment publié sa première recommandation mondiale sur les médicaments à base de GLP-1. Ses recommandations sont conditionnelles, car les données à long terme, les coûts et l’équité d’accès restent incertains, et elle associe les médicaments à un accompagnement sur l’alimentation et l’activité physique.

Notre position sur les médicaments pour perdre du poids

C’est avec votre médecin que vous pouvez voir si un médicament vous convient ; cette décision vous appartient. Obesity Foundation ne recommande pas et ne promeut pas les médicaments pour perdre du poids. Nous misons sur une bonne alimentation, une activité physique adaptée et la marche, et nos plans alimentaires, vidéos d’exercices et entretiens vidéo (en anglais) sont gratuits.

Avant de commencer un traitement, il faut savoir une chose : le poids revient généralement à l’arrêt du traitement. Une vaste analyse de 37 études publiée dans le BMJ a montré que les personnes ayant arrêté leurs médicaments pour perdre du poids avaient repris leur poids en 1,7 an en moyenne.

Ce n’est pas un échec personnel. C’est ce qui se passe quand on interrompt le traitement d’une maladie chronique, de la même façon que la tension remonte quand on arrête ses comprimés contre l’hypertension. La chirurgie, elle aussi, est une décision importante, avec un suivi à vie, prise avec une équipe spécialisée.

Pour en savoir plus, consultez nos pages sur la chirurgie bariatrique, la reprise de poids et le traitement de l’obésité.

Une femme souriante se détend sur le canapé de son salon, rassurée de mieux comprendre ce qu’est l’obésité
L’obésité est fréquente et se soigne. De petits changements réguliers dans l’alimentation et l’activité font une vraie différence.

Ce qui change en 2027

Plusieurs évolutions attendues en 2027 concerneront les personnes vivant avec l’obésité. Une grande partie de l’actualité concerne les médicaments ; nous la présentons ici à titre d’information neutre, pas de recommandation. Certains points sont confirmés ; d’autres peuvent encore changer.

La prise en charge de l’obésité en 2027 : ce qui est confirmé et ce qui est attendu
ÉvolutionStatutCe que cela signifie
Décision de l’UE sur l’orforglipron, un comprimé de GLP-1 à prendre chaque jourAttendue vers le tournant 2026/2027Le comité des médicaments européen a rendu un avis favorable en octobre 2026. En cas d’autorisation, il serait disponible sur ordonnance dans l’UE, selon des règles qui varient d’un pays à l’autre.
Sémaglutide générique moins cherAutorisé au Canada, en Inde et au Brésil ; d’autres pays devraient suivreLe brevet ou la protection commerciale a pris fin dans ces pays en 2026. Les prix pourraient baisser là où les génériques sont autorisés. N’utilisez que des médicaments prescrits par un médecin et délivrés par une pharmacie agréée.
Prise en charge des médicaments contre l’obésité par Medicare aux États-UnisConfirmée jusqu’au 31 décembre 2027Un dispositif temporaire prend en charge les médicaments contre l’obésité pour les patients Medicare éligibles, avec une participation financière.
Déploiement du tirzépatide par le NHS en AngleterreProchain groupe de patients attendu à partir du printemps 2027L’accès s’élargit progressivement, en commençant par les personnes ayant l’IMC le plus élevé et le plus de maladies associées.
Journée mondiale de l’obésité4 mars 2027La World Obesity Federation publie généralement de nouvelles projections mondiales à cette date.

Nous mettons ce tableau à jour au fil des décisions. Pour des faits neutres sur les médicaments, y compris les effets indésirables et ce qui se passe à l’arrêt, consultez notre page médicaments pour perdre du poids. Quelle que soit l’actualité, l’essentiel sur lequel nous misons reste le même : une bonne alimentation, une activité physique adaptée et la marche.

La stigmatisation liée au poids : l’aspect de l’obésité dont on parle peu

La stigmatisation liée au poids, ou grossophobie, c’est le fait d’être jugé, moqué ou traité injustement à cause de sa corpulence, et elle est très répandue. Dans une enquête menée auprès de près de 14 000 adultes dans six pays, 56 à 61 % des personnes suivant un programme de gestion du poids ont déclaré en avoir été victimes, et entre deux tiers et trois quarts environ d’entre elles l’avaient subie de la part de médecins.

La stigmatisation n’est pas un sujet secondaire. Elle pousse les personnes à éviter les soins, augmente les hormones du stress et est associée à une prise de poids plus importante, et non moindre. La honte n’a jamais aidé personne à perdre du poids. Le respect, une bonne information et un vrai traitement, si. Pour en savoir plus, consultez nos pages sur la stigmatisation liée au poids et la grossophobie médicale.

Idées reçues et réalité sur l’obésité

Beaucoup d’idées répandues sur l’obésité sont dépassées, voire tout simplement fausses. Voici celles que nous entendons le plus souvent, et ce que disent réellement les données.

Idées reçues sur l’obésité, et ce que disent les données
Idée reçueRéalité
« L’obésité, c’est juste un manque de volonté. »Les gènes expliquent une large part des différences de poids, et l’OMS, la CIM-11 et les sociétés médicales classent l’obésité parmi les maladies chroniques.
« Supprimez 500 calories par jour et vous perdrez une livre par semaine, indéfiniment. »L’organisme s’adapte. La perte de poids ralentit avec le temps : c’est pourquoi on stagne même en poursuivant ses efforts.
« Perdre du poids lentement permet de ne pas le reprendre. »Dans un essai randomisé, les participants ont repris environ 71 % du poids perdu en 3 ans, qu’ils l’aient perdu rapidement ou lentement.
« Une fois le poids perdu grâce aux médicaments, il ne revient pas. »L’essentiel du poids revient dans les 1,7 an environ qui suivent l’arrêt.
« Bouger ne sert à rien si la balance ne bouge pas. »Une activité régulière, y compris la marche, améliore la tension artérielle, la glycémie, le moral et le sommeil, quel que soit votre poids.
« L’obésité est un problème de pays riches. »C’est désormais dans les pays à revenu faible ou intermédiaire que l’obésité progresse le plus vite.
« 650 millions d’adultes vivent avec l’obésité. »Ce chiffre est dépassé. La dernière estimation de l’OMS est de 940 millions d’adultes.
« La nouvelle définition a supprimé l’IMC. »L’IMC sert toujours au dépistage. Il ne doit simplement pas être la seule mesure pour évaluer une personne.

Ce que vous pouvez faire dès maintenant

Si vous vous reconnaissez dans cette page, ou si vous y reconnaissez un proche, vous n’avez pas à tout changer d’un coup, ni à le faire seul. Choisissez l’étape qui vous semble la plus accessible aujourd’hui :

  1. Mesurez deux choses : votre IMC avec le calculateur ci-dessus, et votre rapport tour de taille/taille avec un mètre ruban.
  2. Prenez rendez-vous pour un bilan de santé avec votre médecin traitant, et demandez une mesure de la tension artérielle, de la glycémie (HbA1c), du cholestérol et un bilan hépatique.
  3. Préparez la consultation : notez vos symptômes, vos médicaments, ce que vous avez déjà essayé et ce qui compte le plus pour vous. Notre liste de préparation peut vous aider. Si vous ressortez avec le sentiment d’avoir été jugé plutôt qu’aidé, vous avez tout à fait le droit de consulter un autre médecin.
  4. Renseignez-vous sur le soutien disponible, comme un programme d’accompagnement du mode de vie, un diététicien ou un soutien psychologique, et sur ce qui est remboursé là où vous vivez. Les questions sur les médicaments ou la chirurgie sont à poser à votre médecin.
  5. Allez marcher. Commencez par une courte marche chaque jour, même 10 minutes à un rythme confortable, et ajoutez un peu chaque semaine. C’est gratuit et doux pour les articulations.
  6. Bougez, à votre niveau. Notre programme d’exercices gratuit compte trois niveaux de 50 vidéos chacun. Le niveau Start est conçu pour les personnes vivant avec l’obésité ou souffrant de douleurs articulaires : en partie assis, sans sauts, avec toujours une chaise à portée de main.
  7. Mangez bien, sans régime draconien. Plus de légumes, de fruits, de céréales complètes et de légumineuses, suffisamment de protéines, et moins de boissons sucrées et d’aliments ultra-transformés. Inscrivez-vous pour recevoir un plan alimentaire gratuit adapté à vos goûts, ou pour un entretien vidéo gratuit (en anglais) sur votre situation et vos questions.
  8. Protégez votre sommeil, et fixez-vous des objectifs au-delà de la balance : mieux dormir, avoir moins mal, plus d’énergie, une glycémie plus basse.
  9. Prenez soin de votre santé mentale, et cherchez du soutien si vous avez l’impression de perdre le contrôle de votre alimentation ou si la stigmatisation vous pèse.

Vous accompagnez un proche ? Notre guide pour soutenir un proche explique ce qui aide et ce qui n’aide pas. Et si vous avez d’autres questions, nos pages trouver de l’aide et glossaire sont de bons points de départ.

Des réponses courtes aux questions les plus fréquentes sont réunies dans notre FAQ.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’obésité, en termes simples ?

L’obésité, c’est avoir tellement de graisse corporelle, ou de la graisse à des endroits si nocifs, qu’elle nuit à la santé ou risque de lui nuire. Chez l’adulte, on en parle généralement à partir d’un IMC de 30. C’est une maladie de longue durée, due aux gènes, à la biologie et à l’environnement, et elle se soigne.

À partir de quel IMC parle-t-on d’obésité ?

Chez l’adulte, un IMC de 30 ou plus correspond à une obésité : de 30 à 34,9, c’est la classe 1 ; de 35 à 39,9, la classe 2 ; à partir de 40, la classe 3. Pour les personnes d’origine sud-asiatique, chinoise, d’autres pays d’Asie, du Moyen-Orient, d’Afrique subsaharienne ou afro-caribéenne, les recommandations britanniques retiennent un seuil de 27,5.

Peut-on guérir de l’obésité ?

L’obésité est une maladie chronique : on la contrôle plus souvent qu’on ne la guérit, un peu comme l’hypertension artérielle. Une bonne alimentation, une activité régulière comme la marche, le sommeil et le soutien peuvent améliorer durablement la santé, mais le poids revient souvent à l’arrêt du traitement ou du soutien. C’est pourquoi une prise en charge au long cours est recommandée.

Quelle est la principale cause de l’obésité ?

Il n’y a pas de cause unique. L’obésité apparaît lorsque l’organisme stocke durablement plus d’énergie qu’il n’en dépense, mais les raisons dépendent des gènes, des hormones de l’appétit, des médicaments, du sommeil, du stress, des revenus et d’un environnement rempli de produits bon marché et très caloriques. Les gènes expliquent une large part des différences entre les personnes.

Combien de personnes vivent avec l’obésité dans le monde ?

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 1,1 milliard de personnes, soit environ 1 sur 7, vivent aujourd’hui avec l’obésité. Parmi elles, 940 millions d’adultes et 170 millions d’enfants et d’adolescents de 5 à 19 ans. Ce sont les derniers chiffres mondiaux, publiés en octobre 2026.

Quel pays a le taux d’obésité le plus élevé ?

Les taux d’obésité chez l’adulte les plus élevés se trouvent dans les îles du Pacifique. Selon les dernières données de l’OMS, 75,9 % des adultes aux Samoa américaines et 73,8 % aux Tonga vivent avec l’obésité. Parmi les grands pays, l’Égypte, les États-Unis et le Mexique comptent parmi les taux les plus élevés.

L’obésité, est-ce la même chose que le surpoids ?

Non. Le surpoids correspond à un IMC de 25 à 29,9 et l’obésité à un IMC de 30 ou plus. Dans les deux cas, il y a un excès de graisse corporelle, mais les risques pour la santé sont nettement plus élevés avec l’obésité, qui a son propre code (5B81) dans la classification de l’OMS.

Quel est le code CIM-11 de l’obésité ?

Dans la CIM-11, la classification des maladies actuelle de l’Organisation mondiale de la santé, l’obésité porte le code 5B81 et est décrite comme une maladie chronique complexe. Parmi les sous-codes figurent 5B81.0 pour l’obésité due à un déséquilibre énergétique et 5B81.1 pour l’obésité d’origine médicamenteuse. Le surpoids relève du code 5B80 (5B80.0 pour le surpoids lui-même), et le syndrome obésité-hypoventilation est codé séparément en 7A42.0.

Sources

  1. OMS – Obésité et surpoids, aide-mémoire (7 octobre 2026) (en anglais)
  2. NCD Risk Factor Collaboration (NCD-RisC) – Estimations de l’obésité chez l’adulte par pays (téléchargement des données) (en anglais)
  3. Rubino F, et al. – Definition and diagnostic criteria of clinical obesity, Lancet Diabetes & Endocrinology (2025) (en anglais)
  4. EASO – Réponse au rapport de la Commission du Lancet (janvier 2025) (en anglais)
  5. NICE – Overweight and obesity management, recommandation NG246 (2025) (en anglais)
  6. Celletti F, Farrar J, De Regil L – World Health Organization guideline on the use and indications of GLP-1 therapies for the treatment of obesity in adults, JAMA (2025) (en anglais)
  7. NCD Risk Factor Collaboration – Obesity rise plateaus in developed nations and accelerates in developing nations, Nature (2026) (en anglais)
  8. CDC/NCHS – Prévalence de l’obésité et de l’obésité sévère chez l’adulte, États-Unis, 2021–2023 (Data Brief 508) (en anglais)
  9. Prospective Studies Collaboration – Body-mass index and cause-specific mortality in 900,000 adults, The Lancet (2009) (en anglais)
  10. Lauby-Secretan B, et al. – Body fatness and cancer: viewpoint of the IARC Working Group, NEJM (2016) (en anglais)
  11. Elks CE, et al. – Variability in the heritability of body mass index, Frontiers in Endocrinology (2012) (en anglais)
  12. BMJ – L’arrêt des médicaments contre l’obésité associé à une reprise de poids et à un retour des marqueurs cardiovasculaires à leur niveau initial (2026) (en anglais)
  13. Rubino F, et al. – Joint international consensus statement for ending stigma of obesity, Nature Medicine (2020) (en anglais)
  14. World Obesity Federation – World Obesity Atlas 2025 (en anglais)
  15. American Heart Association – Chaque pas compte : la marche pour la santé (en anglais)

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