Diabète de type 1 et perte de poids : comment maigrir en sécurité avec une bonne alimentation et la marche

Oui, on peut maigrir avec un diabète de type 1 : une baisse modérée des calories grâce à une bonne alimentation et une marche régulière fonctionnent, et un petit essai a montré une perte de poids sans plus d’hypos. Chaque changement d’alimentation ou d’activité modifie aussi vos besoins en insuline : parlez-en d’abord à votre médecin et préparez chaque étape avec votre équipe diabète.

Rédigé par: Geert Jan Brugman, fondateur
Dernière révision: · 27 min de lecture

Points clés

  • Les kilos en trop sont désormais fréquents avec un diabète de type 1. Dans un registre canadien de 1 091 adultes, environ une personne sur trois était en surpoids et une sur cinq vivait avec une obésité.
  • L’insuline et les hypos compliquent la perte de poids, sans la rendre impossible. L’insuline injectée, des doses mal ajustées aux repas et le fait de manger pour éviter les hypos peuvent tous faire prendre du poids au fil des années.
  • Une baisse modérée des calories fonctionne. Dans un petit essai, de jeunes adultes avec un diabète de type 1 ont perdu environ 2,7 kg en trois mois avec plusieurs types d’alimentation, sans plus d’hypos.
  • Traitez les hypos avec une quantité mesurée. Une dose prévue de sucre rapide, un nouveau contrôle, puis on s’arrête : cela vous protège et vous épargne des calories.
  • La marche aide, avec un plan. Contrôlez votre glycémie, gardez du sucre rapide sur vous et commencez par de courtes marches après les repas.
  • C’est votre équipe diabète qui décide de l’insuline. Parlez-en d’abord à votre médecin, et préparez chaque changement d’alimentation ou d’activité avec votre équipe.

Diabète de type 1 et perte de poids : la réponse courte

Oui, on peut maigrir avec un diabète de type 1. Une baisse modérée des calories grâce à une bonne alimentation, associée à une marche régulière, est la base la plus sûre, et un petit essai a montré que cela peut fonctionner sans davantage d’hypoglycémies.

La différence avec le type 1, c’est que chaque changement dans ce que vous mangez ou dans votre niveau d’activité modifie aussi la quantité d’insuline dont votre corps a besoin. C’est pourquoi chaque étape de cette page se prépare avec votre équipe diabète, jamais seul.

Prendre du poids avec un diabète de type 1 n’est ni rare ni de votre faute. Une étude transversale du registre canadien BETTER, portant sur 1 091 adultes vivant avec un type 1, a trouvé un surpoids chez 34,6 % d’entre eux et une obésité chez 19,8 %. Au total, cela fait plus de la moitié des participants.

Dans ce même registre, les personnes en surpoids ou vivant avec une obésité utilisaient plus d’insuline par jour, avaient une HbA1c moyenne plus élevée, plus de complications du diabète et un profil cardiaque moins favorable. Une étude ponctuelle comme celle-ci montre des liens, pas des causes, mais elle explique pourquoi les spécialistes du diabète prennent aujourd’hui le poids au sérieux dans le type 1.

Parlez-en d’abord à votre médecin avant de changer votre façon de manger ou de bouger. Apportez cette page à votre prochain rendez-vous et demandez à votre équipe quelles parties conviennent à votre traitement.

Une précision sur les termes : le diabète de type 2 est une autre maladie, avec d’autres conseils pour perdre du poids. Si c’est votre situation, notre guide sur la résistance à l’insuline et le diabète de type 2 est le bon point de départ.

Pourquoi le poids augmente avec un diabète de type 1

Le poids augmente souvent avec un diabète de type 1 parce que l’insuline injectée n’agit pas comme celle d’un pancréas en bonne santé, et parce que les hypos poussent à manger davantage. Rien de tout cela ne relève d’un manque de volonté.

Une revue publiée dans The Lancet Diabetes & Endocrinology cite trois causes principales. L’insuline des injections ou de la pompe passe dans le sang sous la peau au lieu d’aller d’abord au foie, si bien que le reste du corps en reçoit davantage.

La deuxième cause est un décalage : des doses qui ne correspondent pas bien à la taille ou à l’horaire des repas. La troisième est ce que les médecins appellent le grignotage préventif, c’est-à-dire manger en plus pour se tenir à distance d’une hypo.

Avant les traitements modernes, les personnes avec un diabète de type 1 étaient en général minces. Cela a changé à mesure que les soins se sont intensifiés. Dans une cohorte de Pittsburgh de 589 personnes suivies pendant 18 ans, la part de personnes vivant avec une obésité a été multipliée par sept environ, tandis que l’insulinothérapie intensive passait de 7 % à 82 %.

Il s’agissait d’une étude d’observation : elle ne peut pas prouver que l’insuline seule a causé ce changement, et le poids augmentait aussi dans l’ensemble de la population. Le passage à un traitement intensif faisait tout de même partie des facteurs qui prédisaient la prise de poids dans ce groupe.

Ce compromis est réel, mais ce n’est pas une raison d’avoir peur de l’insuline. Un bon équilibre glycémique protège vos yeux, vos reins, vos nerfs et votre cœur, et l’insuline vous maintient en vie. Le but est de garder cette protection tout en perdant du poids.

Pourquoi le poids augmente avec un diabète de type 1 et ce qui aide à la perte de poids
CauseCe que cela signifieCe que vous pouvez faireQui décide
L’insuline entre par la peauLes muscles et la graisse reçoivent plus d’insuline qu’avec un pancréas qui fonctionneMiser sur la qualité des aliments, les portions et la marcheVous, avec votre équipe
Des doses mal ajustées aux repasDes hypers et des hypos qui poussent à manger plusTenir un carnet alimentation et glycémie pendant deux semainesVotre équipe diabète ajuste l’insuline
Manger pour éviter les hyposDes en-cas « au cas où », souvent la nuit ou avant une activitéNoter quand et pourquoi vous grignotezVotre équipe cherche la cause
Resucrer une hypo avec trop de sucreUne barre ou un paquet entier au lieu d’une quantité mesuréePréparer un kit hypo mesuréVous, avec le plan de votre équipe
La peur des hypos pendant l’effortMoins d’activité, moins de calories brûléesCommencer par de courtes marches après un repasVous, avec le plan de sécurité de votre équipe

Pourquoi les kilos en trop comptent dans le diabète de type 1

Les kilos en trop comptent dans le diabète de type 1 parce qu’ils ajoutent les risques cardiaques et lipidiques de l’obésité à ceux du diabète lui-même. La revue citée plus haut mentionne parmi les inquiétudes les maladies cardiaques, l’AVC et plusieurs cancers.

Les données les plus claires viennent du grand essai DCCT (Diabetes Control and Complications Trial). Chez 1 168 adultes, ceux sous insuline intensive qui avaient pris le plus de poids atteignaient en moyenne 31 sur l’échelle du poids par rapport à la taille, contre 24 chez ceux qui en avaient pris le moins.

Ce groupe de tête avait aussi une tension plus élevée (en moyenne 120/77 contre 113/73 mmHg) et des graisses sanguines moins favorables, un profil proche de la résistance à l’insuline. Les chercheurs ont averti que cela pourrait augmenter le risque de maladie cardiaque avec le temps.

Un suivi de 1 213 adultes de l’essai sur environ 26 ans a vérifié cet avertissement. Sur l’ensemble de la période, le nombre d’événements cardiaques n’était pas nettement différent entre les groupes.

À partir de la quatorzième année environ, pourtant, la courbe des événements cardiaques montait plus vite chez les personnes ayant le plus grossi. C’est un résultat d’observation qui demande un suivi plus long, mais il va dans le même sens.

Le poids mérite donc qu’on s’en occupe, et un bon équilibre glycémique reste important. Ne laissez jamais votre glycémie monter volontairement pour perdre du poids. Pour le versant cardiaque, consultez notre page sur le cholestérol et la perte de poids et notre aperçu des risques de l’obésité pour la santé.

Ce que montrent les études sur la perte de poids avec un diabète de type 1

Les études disponibles montrent qu’il est possible de maigrir avec un diabète de type 1 sans dégrader l’équilibre glycémique, mais les essais sont petits et courts. Il n’existe pas encore de grand essai de perte de poids de longue durée dans le type 1.

Diabète de type 1 et perte de poids : ce qu’ont trouvé les principales études
ÉtudeQuiCe qui a été testéRésultatType de preuve
Étude pilote ACT1ON38 jeunes adultes (19–30 ans) avec un type 1 et un IMC de 27–40Trois mois d’alimentation pauvre en glucides avec réduction calorique, pauvre en graisses avec réduction calorique ou méditerranéenne sans objectif calorique, avec l’aide d’une diététicienneEnviron 2,7 kg perdus en moyenne ; HbA1c améliorée ; pas plus d’hypos ; aucun régime nettement meilleurPetit essai pilote randomisé
Revue sur le pauvre en glucides (Turton et collègues)9 études, d’un cas unique à 48 personnesGlucides sous 45 % de l’énergieL’HbA1c a baissé dans certaines études, pas dans d’autres ; l’insuline totale était plus basse dans les cinq qui l’ont mesuréeRevue systématique de petites études hétérogènes
DCCT et son suivi1 168 et 1 213 adultesInsuline intensive ou traitement habituelLa plus forte prise de poids liée à une tension et des graisses sanguines plus élevées ; courbe des événements cardiaques plus rapide après environ 14 ansEssai suivi d’un long suivi d’observation
Consensus sur l’exercice (Riddell et collègues)Groupe d’expertsComment faire de l’exercice en sécurité avec un type 1L’exercice régulier améliore la composition corporelle, les graisses sanguines et la condition physique ; la peur des hypos est un frein fréquentDéclaration de consensus
Consensus ADA et EASDAdultes avec un type 1Prise en charge globaleLa dernière mise à jour inclut désormais la prise en charge de l’obésité et du risque cardiaque dans le type 1Rapport de consensus

L’étude pilote ACT1ON est la plus utile au quotidien. Le programme comprenait huit séances complètes d’accompagnement et des points réguliers avec une diététicienne, et pour les deux alimentations à calories réduites, les objectifs étaient adaptés au poids de chaque personne.

Les résultats variaient beaucoup d’une personne à l’autre : plus de la moitié ont été orientés vers une autre alimentation, surtout parce qu’ils avaient perdu moins de 2 % de leur poids. C’est courant dans les études sur la perte de poids, et c’est une bonne raison de persévérer avec ce qui vous réussit plutôt que de changer de plan chaque semaine.

Le message principal des auteurs est encourageant : le poids et l’équilibre glycémique ne tirent pas forcément dans des directions opposées. Plusieurs façons de manger peuvent fonctionner, à condition de pouvoir les tenir et que votre équipe ajuste le schéma d’insuline.

Hypos et calories : resucrer, puis s’arrêter

Les hypoglycémies peuvent ajouter discrètement beaucoup de calories, parce que l’envie de manger pendant une hypo est forte et qu’il est facile de manger bien plus que nécessaire. Un resucrage mesuré vous protège et limite ces calories en plus.

La recommandation canadienne sur l’hypoglycémie le dit clairement : évitez de trop resucrer une hypo, car cela peut provoquer ensuite une glycémie trop haute et une prise de poids. Traiter vite et correctement passe toutefois toujours en premier.

Les signes d’une hypo

On parle en général d’hypo quand la glycémie descend sous 4,0 mmol/L (72 mg/dL), ou sous le seuil fixé pour vous par votre équipe. Les signes fréquents sont :

  • des tremblements, des sueurs ou le cœur qui bat fort
  • la faim, l’anxiété ou des nausées
  • du mal à se concentrer, de la confusion ou de la somnolence
  • une vision trouble, des maux de tête, des vertiges ou du mal à parler

Tout le monde n’a pas tous ces signes, et certaines personnes ne ressentent presque rien. Si les premiers signes vous échappent souvent, dites-le à votre équipe, car cela demande un plan à part.

Comment les recommandations conseillent de traiter une hypo

Pour une hypo légère ou modérée chez l’adulte, Diabetes Canada conseille environ 15 g de sucre rapide, idéalement des comprimés de glucose ou du sucre dissous dans de l’eau. Recontrôlez après 15 minutes, et reprenez 15 g si vous êtes toujours sous 4,0 mmol/L.

Une fois la glycémie remontée, prenez votre repas habituel s’il est prévu. Si le prochain repas est dans plus d’une heure, la recommandation propose une petite collation avec environ 15 g de glucides et un peu de protéines. Votre équipe peut vous indiquer des quantités un peu différentes ; suivez son plan.

Ayez toujours du sucre rapide sur vous, y compris à chaque marche. Si une personne diabétique est inconsciente, ne peut pas avaler ou fait une crise convulsive, appelez immédiatement le 15 ou le 112. Demandez à votre équipe de montrer à vos proches comment aider en cas d’hypo sévère.

Calories approximatives d’un resucrage mesuré comparé à un resucrage excessif (valeurs USDA, arrondies)
Ce que vous prenezGlucidesCaloriesCe que cela signifie pour la perte de poids
15 g de sucre dissous dans de l’eau15 genviron 60 kcalRapide et mesuré : le choix des recommandations
150 ml de jus d’orangeenviron 16 genviron 70 kcalEfficace, un peu plus lent que le sucre pur
1 cuillère à soupe de miel (environ 21 g)environ 17 genviron 65 kcalMesuré, facile à garder à la maison
300 ml de jus d’orange (un grand verre)environ 31 genviron 135 kcalLe double de la dose : risque d’hyper ensuite
4 biscuits aux pépites de chocolat (environ 40 g)environ 26 genviron 200 kcalPas un choix des recommandations ; plus de trois fois les calories
Une tablette de 50 g de chocolat au laitenviron 30 genviron 270 kcalDéconseillé pour les hypos ; plus de quatre fois les calories

Trois hypos par semaine resucrées au chocolat plutôt qu’avec du sucre mesuré ajoutent environ 600 kcal de plus chaque semaine. En quelques mois, cela suffit à freiner la perte de poids.

Préparer un kit hypo mesuré

  • Préparez des doses individuelles dans de petits sachets ou boîtes, chacune avec la quantité conseillée par votre équipe.
  • Gardez-en une dans votre sac, une près de votre lit et une là où vous marchez ou faites du sport.
  • Lancez un minuteur de 15 minutes quand vous resucrez, pour recontrôler au lieu de manger davantage.
  • Rangez le kit à l’écart des gourmandises, pour qu’une hypo ne se transforme pas en en-cas.

Le grignotage préventif : manger « au cas où »

Beaucoup de personnes avec un type 1 mangent en plus avant de se coucher, avant une marche ou lors d’une journée chargée, uniquement pour éviter les hypos. Cela rassure, mais les calories s’additionnent vite.

Des hypos fréquentes, ou le besoin de collations pour les éviter, sont une raison d’en parler à votre équipe, pas de manger davantage. Diabetes Canada conseille aux équipes de revoir vos hypos à chaque consultation, et votre schéma d’insuline devra peut-être changer. Notez quand les hypos surviennent pour qu’on en trouve plus facilement la cause.

Pour les collations que vous choisissez parce que vous avez faim, et non à cause d’une hypo, consultez notre guide des collations saines. Vous y trouverez des idées avec leurs calories et leurs protéines.

Bien manger pour maigrir avec un diabète de type 1

La meilleure alimentation pour maigrir avec un diabète de type 1 est la même bonne alimentation qui aide tout le monde : moins de boissons sucrées et de grignotages frits, des portions plus petites, et des protéines et des fibres à chaque repas. La différence, c’est que votre insuline doit suivre les changements.

L’étude pilote ACT1ON a montré que plusieurs façons de manger fonctionnaient : vous pouvez donc choisir celle que vous arriverez à tenir. Commencez là où vos calories sont les plus élevées et les plus faciles à réduire.

  • Les boissons d’abord. Remplacez les sodas et les jus par de l’eau, du thé ou du café sans sucre ; gardez le jus uniquement pour resucrer les hypos. Notre guide des boissons pour maigrir compare les options.
  • Mesurez les portions. Une assiette plus petite et une portion mesurée de féculents rendent les glucides plus faciles à compter et les calories plus faciles à réduire. Notre page sur le contrôle des portions explique comment faire.
  • Des protéines et des fibres aux repas. Œufs, yaourt, poisson, poulet, lentilles ou haricots, avec des légumes, rassasient plus longtemps. Voyez nos repas riches en protéines pour des idées.
  • Des heures de repas régulières. Manger à peu près aux mêmes heures chaque jour aide à ajuster l’insuline aux repas et à repérer les tendances.
  • Moins de grignotages frits et gras. Chips, viennoiseries et fast-food apportent beaucoup de calories pour peu de satiété.

Le comptage des glucides reste l’affaire de votre équipe et de vous-même, et cette page ne donne ni ratio insuline-glucides ni dose. Pour le riz, les pommes de terre, le pain et les pâtes, notre guide glucides et perte de poids parle des portions et des alternatives.

Quand vous commencez à manger moins de calories, votre profil glycémique peut changer en quelques jours. Convenez à l’avance avec votre équipe de la fréquence des contrôles et du moment où l’appeler.

L’alcool mérite aussi un mot. Il apporte des calories et peut atténuer les signaux d’alerte d’une hypo : demandez à votre équipe comment il s’intègre à votre plan.

Low carb et cétogène avec un diabète de type 1 : seulement avec votre équipe

Une alimentation pauvre en glucides est possible avec un diabète de type 1, mais seulement avec un accompagnement étroit de votre équipe diabète. Les régimes très pauvres en glucides et cétogènes comportent deux risques particuliers : les hypos sévères et l’acidocétose diabétique.

La revue de Turton et collègues n’a trouvé que neuf petites études sur l’alimentation pauvre en glucides dans le type 1. Certaines montraient une HbA1c plus basse, d’autres non, et les études étaient trop différentes pour donner une réponse d’ensemble.

Dans les cinq études qui l’ont mesuré, les participants utilisaient moins d’insuline en mangeant peu de glucides. Cela montre à quelle vitesse vos besoins en insuline peuvent changer quand les glucides diminuent, et pourquoi un changement brusque sans votre équipe peut provoquer des hypos.

L’acidocétose est le second danger. Elle survient quand le corps manque d’insuline et se met à fabriquer des acides, les cétones, plus vite qu’il ne peut les éliminer.

Une revue récente sur l’alimentation cétogène chez les jeunes adultes avec un type 1 avertit que, sans une gestion adaptée de l’insuline, ces régimes peuvent mener à l’acidocétose. Même de petites baisses d’insuline peuvent la déclencher, et avec très peu de glucides, elle peut survenir alors que la glycémie paraît presque normale.

Le jeûne, le fait de manger très peu et la maladie augmentent aussi le risque. Certains comprimés antidiabétiques ajoutés à l’insuline abaissent également le seuil de l’acidocétose, surtout combinés à une alimentation pauvre en glucides, à des apports réduits, à l’alcool ou à un effort inhabituel.

Allez aux urgences ou appelez le 15 ou le 112 si vous avez un diabète de type 1 et que vous remarquez des vomissements, des douleurs au ventre, une respiration profonde ou rapide, une haleine à l’odeur fruitée, une soif intense avec des envies fréquentes d’uriner, ou de la somnolence ou de la confusion. Ce peuvent être des signes d’acidocétose diabétique, même si votre glycémie n’est pas très élevée.

Ne sautez ou ne réduisez jamais votre insuline pour perdre du poids. C’est dangereux et cela peut vite mener à une acidocétose.

Si vous remarquez que vous êtes tenté de le faire, ou que l’alimentation et le poids vous inquiètent beaucoup, parlez-en à votre équipe ; vous méritez une aide sans jugement. Notre page sur le soutien psychologique présente les formes d’aide possibles.

Pour le low carb et le cétogène en tant que régimes amaigrissants en général, voyez notre comparatif du meilleur régime pour maigrir. Lisez-le comme une information de fond, et construisez le plan avec votre équipe.

Marche et activité physique avec un diabète de type 1

La marche est l’un des moyens les plus simples de bouger plus avec un diabète de type 1, à condition de contrôler sa glycémie et d’avoir du sucre rapide sur soi. Une activité régulière améliore votre condition physique, aide votre cœur et brûle des calories en plus.

La peur des hypos freine beaucoup de gens. Dans une étude auprès de 100 adultes avec un diabète de type 1, la peur de l’hypoglycémie était le principal obstacle à l’activité physique, et les personnes qui comprenaient comment agissait leur insuline voyaient moins d’obstacles.

Un consensus d’experts ajoute que les personnes avec un type 1 sont en moyenne au moins aussi sédentaires que la population générale. Beaucoup n’atteignent pas le minimum d’activité hebdomadaire : vous êtes loin d’être seul si vous partez de zéro.

La recommandation canadienne sur l’activité physique propose de viser 150 minutes par semaine d’activité modérée, réparties sur au moins trois jours. De plus petites quantités aident aussi : commencez petit et augmentez peu à peu.

Comment votre glycémie réagit selon l’activité

  • La marche et les activités régulières font en général baisser la glycémie, pendant et après la marche. Après des séances plus longues, le corps reste plus sensible à l’insuline jusqu’à 48 heures.
  • L’activité en soirée peut augmenter le risque d’hypo pendant la nuit. Demandez à votre équipe comment vous y préparer.
  • Les efforts courts et très intenses, comme les sprints ou les charges lourdes, peuvent au contraire faire monter la glycémie un moment.
  • Les exercices de renforcement provoquent en général moins d’hypos que les longues marches. Notre guide de renforcement musculaire explique comment débuter.

Avant, pendant et après une marche

  • Contrôlez votre glycémie avant de partir, et demandez à votre équipe dans quelle plage il est sûr de commencer.
  • Emportez du sucre rapide, votre téléphone et quelque chose qui indique que vous êtes diabétique.
  • Commencez par 10 minutes après un repas, à un rythme où vous pouvez encore parler.
  • Recontrôlez après la marche, et avant de vous coucher les jours où vous avez été plus actif.
  • Si votre glycémie est haute et que vous ne vous sentez pas bien, recherchez les cétones et évitez tout effort intense ; suivez les consignes « jours de maladie » de votre équipe.

Une courte marche après un repas est une bonne première étape. Notre page sur bouger autour des repas explique pourquoi, et le guide de la marche propose un programme complet pour débutants.

Pour trouver un effort confortable, notre calculateur de zones de fréquence cardiaque vous aide ; le test de la parole fonctionne tout aussi bien.

Suivre ensemble le poids, la glycémie et les progrès

Suivre le poids et la glycémie côte à côte montre à vous et à votre équipe l’effet de vos changements. Cela révèle aussi tôt quand vos besoins en insuline évoluent.

  • Pesez-vous une fois par semaine, le même jour et à la même heure. Les variations d’un jour à l’autre ne sont souvent que de l’eau.
  • Notez vos hypos : l’heure, la cause si vous la connaissez, et ce que vous avez pris.
  • Notez vos marches avec les minutes et la glycémie avant et après.
  • Partagez ce carnet avec votre équipe à chaque consultation, ou plus tôt si les hypos deviennent plus fréquentes.

En mangeant moins et en bougeant plus, vos besoins en insuline peuvent diminuer. C’est une bonne nouvelle, mais seule votre équipe doit modifier les doses.

Visez un rythme lent et régulier plutôt que rapide. Dans l’étude pilote ACT1ON, la moyenne était d’un peu plus de 2 kg en trois mois, et c’est déjà un vrai résultat.

Médicaments et poids dans le diabète de type 1

L’insuline est le traitement du diabète de type 1 et elle est vitale. Son effet sur le poids est un sujet à aborder avec votre équipe, jamais une raison d’en prendre moins.

À certains adultes avec un diabète de type 1 et une obésité, on propose d’autres médicaments en plus de l’insuline. Dans le registre BETTER, ils étaient plus souvent utilisés par les personnes en surpoids ou vivant avec une obésité. Savoir si l’un d’eux vous convient relève de votre équipe diabète, et certains comportent leurs propres risques, dont l’acidocétose.

D’autres médicaments, pour l’humeur, la tension ou d’autres maladies, peuvent aussi influencer le poids. Notre page sur les médicaments qui font grossir présente les principaux groupes.

La question de savoir si un médicament vous convient est à discuter avec votre médecin. Obesity Foundation ne recommande ni ne promeut les médicaments amaigrissants ; nous misons sur une bonne alimentation, une activité physique adaptée et la marche. Votre insuline et vos autres médicaments du diabète sont décidés par votre équipe diabète ; ne les commencez, ne les arrêtez et ne les modifiez jamais de vous-même.

Un programme de 12 semaines : alimentation et marche avec un diabète de type 1

Parlez-en d’abord à votre médecin ou à votre équipe diabète avant de commencer ce programme. C’est un exemple général, pas un conseil personnel, et votre équipe peut modifier chaque étape selon votre schéma d’insuline et votre profil glycémique.

Chaque étape s’appuie sur la précédente. Ne passez à la suivante que lorsque l’étape vous semble naturelle et que votre glycémie est stable.

12 semaines d’alimentation et de marche pour maigrir avec un diabète de type 1 (exemple, pas un plan personnel)
SemainesÉtape alimentationMarcheContrôle glycémiqueQuestion pour votre équipe
1–2Remplacer une boisson sucrée par jour par de l’eau ou du thé10 minutes après un repas par jourAvant et après chaque marcheDans quelle plage de glycémie puis-je commencer une marche en sécurité ?
3–4Préparer un kit hypo mesuré ; noter chaque hypo10 minutes après deux repasAu coucher les jours de marchePourquoi mes hypos surviennent-elles, et comment les réduire ?
5–6Mesurer sa portion de féculents ; ajouter des légumes15 minutes après deux repasComme convenu pour les nouvelles portionsMon insuline des repas doit-elle changer ?
7–8Des protéines au petit-déjeuner et au déjeuner20–30 minutes la plupart des joursSurveiller les hypos la nuit après les marches plus longuesComment me préparer à une activité en soirée ?
9–10Moins de grignotages frits ; prévoir les douceurs certains joursAjouter deux courtes séances de renforcement par semaineAvant et après le renforcementMa tendance de poids hebdomadaire est-elle sur la bonne voie ?
11–12Garder les habitudes qui ont marchéAller vers 150 minutes par semaine, si votre équipe est d’accordRelire votre carnetPouvons-nous contrôler mon HbA1c, ma tension et mes graisses sanguines ?

Si les hypos deviennent plus fréquentes à un moment donné, mettez l’étape suivante en pause et appelez votre équipe. C’est le signe que le plan agit plus vite que l’ajustement de votre insuline, pas un échec.

Quand appeler votre équipe ou un médecin le jour même

Certaines situations demandent de l’aide le jour même ou tout de suite. Appelez le 15 ou le 112, ou allez aux urgences, si :

  • vous avez des signes d’acidocétose : vomissements, douleurs au ventre, respiration profonde ou rapide, haleine à l’odeur fruitée ou somnolence ;
  • une personne diabétique est inconsciente, ne peut pas avaler ou fait une crise convulsive ;
  • une hypo ne remonte pas après deux resucrages.

Contactez votre équipe diabète le jour même si vous avez des hypos à répétition, une hypo pendant ou après les marches, des cétones élevées ou une glycémie haute qui ne baisse pas.

Une perte de poids non voulue, avec une soif intense et des urines abondantes, est une raison de voir un médecin le jour même. Elle peut signifier que votre diabète est déséquilibré, ce qui est l’inverse d’une perte de poids saine.

Pour une consultation de routine, notre liste pour préparer votre rendez-vous médical vous aide. Apportez votre carnet de poids, de glycémie et de marche.

Une aide gratuite pour maigrir avec une bonne alimentation et la marche

Nous aidons les gens à perdre du poids et à être en meilleure santé grâce à une bonne alimentation, une activité physique adaptée et la marche. Avec un diabète de type 1, nous travaillons à côté de votre équipe diabète, jamais à sa place, et tout ce que nous proposons est gratuit.

  • Un plan alimentaire gratuit : des repas réguliers aux portions mesurées, avec moins d’extras sucrés, prêt à montrer à votre équipe pour qu’elle ajuste votre insuline. Recevez votre plan alimentaire gratuit.
  • Des vidéos d’exercices gratuites : 150 vidéos en trois niveaux, des séances douces Start jusqu’à Strong, pour ajouter du renforcement à votre rythme. Regardez les vidéos gratuites.
  • Un entretien vidéo gratuit (en anglais) : passez en revue vos premiers pas et votre liste de questions pour votre équipe diabète. Réservez votre entretien vidéo gratuit.
  • Le Club Obesity Foundation gratuit : notez vos marches et vos séances dans votre propre compte et regardez les semaines s’additionner. Rejoignez le Club gratuitement.

Nous ne sommes pas médecins et nous ne donnons jamais de conseils sur l’insuline. Les questions sur les doses, les hypos, les cétones ou vos appareils relèvent de votre propre équipe diabète.

Le diabète de type 1 vous demande beaucoup chaque jour. Perdre du poids en plus demande de la patience : commencez par remplacer une boisson et faire une courte marche, et laissez votre équipe vous aider pour le reste.

Questions fréquentes

Pourquoi prend-on du poids sous insuline avec un diabète de type 1 ?

L’insuline injectée atteint tout le corps en plus grande quantité que celle d’un pancréas en bonne santé, et les doses ne correspondent pas toujours aux repas. Beaucoup de personnes mangent aussi en plus pour éviter ou traiter les hypos. L’insuline reste indispensable : demandez à votre équipe diabète comment limiter la prise de poids plutôt que d’en prendre moins.

Peut-on maigrir avec un diabète de type 1 ?

Oui. Dans un petit essai, de jeunes adultes avec un diabète de type 1 et en surpoids ont perdu environ 2,7 kg en trois mois avec plusieurs types d’alimentation, tandis que leur HbA1c s’améliorait sans plus d’hypos. La clé : une baisse modérée des calories, une marche régulière et un schéma d’insuline que votre équipe ajuste au fur et à mesure.

Quel est le meilleur régime pour maigrir avec un diabète de type 1 ?

Il n’y en a pas un seul. L’alimentation pauvre en glucides, pauvre en graisses ou de type méditerranéen ont toutes permis de perdre du poids dans un petit essai sur le type 1. Choisissez un style que vous pouvez tenir, réduisez d’abord les boissons sucrées et les grosses portions, et laissez votre équipe adapter votre insuline aux changements.

Comment éviter que les hypos ajoutent des calories ?

Resucrez chaque hypo avec une quantité mesurée de sucre rapide, recontrôlez après 15 minutes et arrêtez-vous dès que vous êtes revenu dans la cible. Gardez sur vous des doses individuelles prêtes à l’emploi pour qu’une hypo ne devienne pas un en-cas. Si les hypos sont fréquentes, demandez à votre équipe de revoir votre insuline plutôt que de manger davantage.

La marche est-elle sûre avec un diabète de type 1, et comment éviter les hypos ?

Pour la plupart des gens, oui, avec un plan de votre équipe. Contrôlez votre glycémie avant de partir, emportez du sucre rapide, commencez par de courtes marches après un repas et recontrôlez après, puis au coucher. La marche peut faire baisser la glycémie pendant de nombreuses heures : les marches du soir demandent donc plus de prudence.

Un régime low carb ou cétogène est-il sûr avec un diabète de type 1 ?

Seulement avec un accompagnement étroit de votre équipe diabète. Les besoins en insuline peuvent chuter vite quand les glucides baissent, ce qui augmente le risque d’hypo, et une alimentation très pauvre en glucides ou cétogène peut mener à une acidocétose, parfois avec une glycémie presque normale. Vomissements, douleurs au ventre, respiration profonde ou haleine fruitée imposent d’appeler le 15 ou le 112.

Sources

  1. Van der Schueren B, Ellis D, Faradji RN et al. – L’obésité chez les personnes vivant avec un diabète de type 1. The Lancet Diabetes & Endocrinology (2021) (en anglais)
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  3. Lalanne-Mistrih ML, Bonhoure A, Messier V et al. – Surpoids et obésité chez les personnes vivant avec un diabète de type 1 : analyse transversale du registre BETTER. Diabetes/Metabolism Research and Reviews (2024) (en anglais)
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